Textes de temps après pentecôte

INTRODUCTION

La commission liturgique s’est efforcée, depuis 1998, de réviser les textes propres au temps après Pentecôte en usage dans notre Eglise, à la suite d’un premier travail réalisé avant 1980 par le Père Jacques Goettmann.


La première édition

Le premier travail a concerné les immolatios (intégrant aussi le temps après la Théophanie), ce qui a donné lieu à une première édition parue en l’an 2000, dont voici un large extrait de l’introduction :

« Quelques immolatios proviennent de l’œuvre de l’évêque Jean de Saint-Denis “Les quarante degrés ou quarante immolatios du Carême’’, les autres ont été réalisées par la commission qui s’est appuyée sur les principes décrits par l’évêque Jean :

« La préface s’adresse au Père. “Père... Père Saint, Père Juste»’’, dit le Seigneur. La préface, c’est l’invocation du Nom redoutable de Celui qui est la source de la divinité. Elle proclame, portes fermées, pendant le mystère eucharistique, les Noms divins que l’Ancienne Alliance n’osait dévoiler. La préface est le Credo des initiés aux mystères de notre salut, la théologie des parfaits... La préface surélève les cœurs des fidèles au-dessus des cercles angéliques jusqu’à l’Inaccessible.» (pp. 25 et 26).

La préface se partage en trois parties :

l’action de grâces au Père avec invocation des Noms divins ;

 l’exposé des bienfaits de Dieu ;

la description des chants angéliques s’inspirant des visions d’Isaïe, d’Ezéchiel, de Daniel et de l’Apocalypse (p. 28).

Concernant la première partie, Monseigneur Jean soulignait que le caractère du rite des Gaules est de mêler, à la manière de saint Basile, les Noms cataphatiques et apophatiques . Plus les préfaces gallicanes sont antiques, de pur style gallican, plus cet aspect est souligné (p.  30).

Monseigneur Jean indiquait que la deuxième partie, tout en exaltant les bienfaits du Père, se rapporte au propre dans le rite occidental (p. 32), que les préfaces gallicanes développent, en général, et la création et la rédemption (p. 33), et que les préfaces gallicanes et de la Rome antique n’expriment pas seulement les mystères des grandes fêtes, mais amènent d’une manière géniale « les Évangiles du dimanche » vers l’idée de l’économie du salut universel (p. 33).

La troisième partie qui raconte les chants angéliques a, dans tous les rites, le même contenu sous des formes différentes. Le rite des Gaules, en plus des quatre finales romaines, en possède d’autres (p. 36).


Une deuxième édition plus complète sept ans plus tard

L’introduction de la première édition envisageait des travaux complémentaires :

« La liturgie est à la fois stable et vivante. Ces immolatios méritent d’être complétées par la suite par d’autres textes variables (collectes, préfaces aux fidèles,...). Que tous les liturges utilisant d’autres sources ou d’autres textes nous les fassent connaître, afin que l’Eglise honore et loue Dieu avec des prières inspirées ».

De fait, dès 2006, la commission liturgique a repris le livret :

certaines immolatios ont été révisées dans leur formulation : le plus souvent, ont été supprimés des passages redondants ou superflus pour alléger le mouvement de la prière liturgique, et par endroits, l’expression a été modifiée pour la rendre plus claire ou plus directe ;

la collecte de chaque dimanche a été ajoutée ;

l’évangile de chaque dimanche a également été intégré, dans la traduction réalisée ces dernières années par la Commission de traduction des évangiles ;

enfin pour le premier dimanche après la Théophanie (« Les Noces de Cana ») et pour le premier dimanche après la Pentecôte (« la Trinité »), un texte plus complet a été élaboré, compte tenu de l’importance de ces deux fêtes.


Une troisième édition rénovée en 2012

La pratique liturgique de ces dernières années a conduit les membres de la Commission liturgique à engager une révision de quelques collectes et immolatios, pour que la pensée soit plus claire, plus directe, plus simple. En ce domaine, l’art est difficile et les améliorations sont toujours possibles.

Le livret a donc été repris et modifié :

nous avons rajouté les textes variables du propre de la messe (praelegendum, graduel,…), ce qui permet au clergé à l’autel d’avoir sous les yeux les textes chantés par le chœur et, si nécessaire, de s’associer au chant.

nous avons intégré les références des deux ou trois lectures du dimanche (sans écrire les textes des lectures), ce qui permet, sans trop augmenter le livret, de préparer plus aisément la liturgie.

Le présent livret ne comporte que les éléments du Propre (c’est-à-dire variables) de chaque dimanche : pour la célébration dominicale, il y a donc nécessité pour les clercs de se munir de l’ordinaire de la divine liturgie selon saint Germain de Paris et notamment de suivre les indications des rubriques.

                                                           *

Puissent ces textes révisés, mis à la disposition des clercs et des laïcs de notre Eglise, nous permettre de célébrer Dieu plus dignement au sein de la divine liturgie, nourris par le Verbe et animés par l’Esprit-Saint, tout au long de ces temps liturgiques que l’Eglise nous donne, chaque année, pour cheminer vers le Père.


Note sur les dimanches après la Théophanie

Le nombre des dimanches après la Théophanie peut varier de 1 à 5, selon la date de la Septuagésime, qui dépend de la date de Pâques (qui se situe, selon les années, entre le 22 mars et le 25 avril).

Les textes des dimanches qui n’ont pas pu trouver place entre la Théophanie et la Septuagésime peuvent être utilisés (si c’est possible en fonction du nombre de dimanches après la Pentecôte) entre le 23e et le dernier dimanche après la Pentecôte (qui conserve invariablement les textes de « La fin des Temps »).

A noter que cette possibilité d’un nombre de dimanches après la Pentecôte supérieur à 24 se produit seulement quand la date de Pâques est précoce, avant le 2 avril. Il faut préciser que l’année liturgique du rite des Gaules comporte deux dimanches de l’Avent de plus que celle de l’Eglise de Rome, et par conséquent deux dimanches après la Pentecôte en moins.

Notre Eglise applique ainsi la règle traditionnelle en Occident,  qu’elle adapte en utilisant en priorité les textes des derniers dimanches après la Théophanie, dimanches qui, sinon, seraient très rarement célébrés.

Par exemple, en 2008, Pâques a eu lieu le dimanche 23 mars. La Théophanie a été célébrée le dimanche 6 janvier, et il n’y a eu qu’un seul dimanche après la Théophanie, le premier dimanche, à la date du 13 janvier, la Septuagésime venant le 20 janvier.

On a utilisé alors les textes des liturgies des 4e et 5e dimanches après la Théophanie respectivement le 29 octobre (24e dimanche après la Pentecôte) et le 5 novembre 2008 (25e dimanche après la Pentecôte), le 26e et dernier dimanche après la Pentecôte étant célébré le 12 novembre.

« Le Canon eucharistique de l’ancien rite des Gaules », Archiprêtre Eugraph Kovalevsky (Editions Saint-Irénée, 1957).

 

Dans son ouvrage, l’évêque Jean, suivant un usage répandu en Occident, utilise le terme de « préface » pour désigner cette prière du prêtre qui ouvre le canon eucharistique (après le dialogue avec les fidèles). Toutefois, il préconise d’utiliser, à la place, dans l’édition des textes liturgiques, le terme « immolatio » en usage dans la liturgie gallicane (op. cit., p. 26), ce qui permet en outre d’éviter la confusion avec la « préface aux fidèles » (qui ouvre l’offertoire).

En théologie, l’approche cataphatique consiste à nommer Dieu de manière affirmative, par exemple « Maître », « Seigneur », « Tout-Puissant », « Saint », etc.  L’approche apophatique consiste à nommer Dieu de manière négative, par exemple : « Inexprimable », « Ineffable », « Indicible », « Indescriptible », etc.

Site fondé par Père Guy Barrandon († 15 Octobre 2011)