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5ème DIMANCHE APRÈS PENTECÔTE

Saint Jean Chrysostome

L’offrande agréable à Dieu

Si donc, lorsque tu présentes ton offrande à l’autel, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi ; laisse-là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère et puis tu reviendras présenter ton offrande.

Ô bonté admirable de Dieu ! Ô amour qui surpasse tout ce que nous pouvons penser ! Il méprise sa propre gloire, lorsqu’il s’agit d’établir la charité que nous devons avoir les uns pour les autres. Ne voit-on pas clairement que ces menaces qu’il vient de faire ne sont pas dictées par l’aversion, ou par l’excessive sévérité, mais par l’extrême amour qu’Il a pour les hommes. Que peut-il y avoir en effet de plus tendre et de plus charitable que ces paroles ? Qu’on interrompe, dit-il, le culte que l’on me rend, et le sacrifice que l’on m’offre, parce que la réconciliation entre les frères est le sacrifice le plus agréable que l’on puisse m’offrir. C’est pourquoi il ne dit pas : Après que vous aurez offert le sacrifice, ou avant que vous l’offriez, mais lors même que vous avez commencé à l’offrir. Il renvoie celui qui le lui offre se réconcilier avec son frère. Il ne dit point que l’on remporte le présent, ou que l’on hâte le sacrifice, mais que, lors même qu’il est déjà commencé, l’on aille trouver son frère pour rentrer en grâce avec lui.

Il me semble que le Seigneur avait deux raisons de nous donner ce précepte ; la première pour nous signifier combien il estimait la charité ; que c’était le sacrifice le plus agréable qu’on lui put offrir, et que sans elle il ne recevait point les autres. La seconde pour amener d’une façon très obligeante les hommes à se réconcilier entre eux.


Que ceux qui participent aux saintes cérémonies de la messe, et qui, ayant quelques inimitiés et quelque aversion dans le cœur, osent approcherde la sainte communion, écoutent ces redoutables paroles. Que ceux qui n’y ont point part encore, les écoutent aussi, puisqu’ils offrent à Dieu des présents et des sacrifices, c’est-à-dire leurs prières et leurs aumônes. L’Écriture en effet dit que ces deux choses tiennent lieu de sacrifice. Le sacrifice de louange m’honorera (Psaume 49, 23). Et ailleurs : Que l’élévation de mes mains vous soit agréable comme le sacrifice du soir (Psaume 140, 2). Si donc vous offrez à Dieu votre prière dans cette mauvaise disposition, il vaut la quitter pour vous aller réconcilier et la venir offrir ensuite. Car la charité est préférable à tout, et c’est pour elle que tout a été fait. Dieu s’est fait homme, pour établir la charité parmi les hommes. Et la fin de tous ses miracles et de toutes ses souffrances a été de nous réunir tous ensemble dans un seul corps.

Amen!

Site fondé par Père Guy Barrandon († 15 Octobre 2011)