PÂQUES

Mgr Jean, évêque de Saint Denis

Nous pouvons nous étonner et nous demander pourquoi la crainte, la peur s'empare des femmes myrrophores lorsqu'elles apprennent, près du tombeau, que le Christ est ressuscité.

Elles éprouvent de la peur parce que la nouvelle est un trop grand bonheur, elles craignent parce que ce qui est arrivé dépasse non seulement l'imagination, mais aussi leur cœur qui ne peut comprendre et contenir une telle joie.

Elles ont peur, car elles sont venues pour oindre le Christ dans le tombeau.

Ces femmes myrrophores avaient peut-être eu l'intuition, très petite qu'Il devait ressusciter ?

Mais des sentiments plus tendres, plus humains, mélangés de tristesse et de doute avaient recouvert cette intuition ; l'âme humaine est pleine de nuances, on ne sait plus où commence la foi et l'incrédulité, l'espérance ou le désespoir.

Elles sont venues pour oindre leur Maître, poussées par la fidélité et l'amour tout humain.

Rien dans leur geste ne laisse supposer qu'elles vont à la rencontre de la nouvelle que le Christ est ressuscité.

Et, soudain, elles aperçoivent l'Ange, cet«homme en blanc», il leur parle, elles ne voient pas encore le Christ - elles le verront plus tard - et l'Ange leur dit :«Allez en Galilée, ne cherchez pas, le Christ est ressuscité !».

Et voici, un être qui leur est doublement cher parce qu'Il les aimait et parce qu'Il était leur Messie, leur Dieu, car parmi les femmes étaient cette Marthe et cette Marie qui disaient :«Tu es le Fils de Dieu !».

Celui-là est ressuscité !

Ces femmes se précipitent pour proclamer une vérité qui dépasse l'intelligence et qui la sauve.

Et alors, ce sentiment :«Oh non ! Nous ne nous sommes pas trompées»

-Car elles se sont demandé !«Comment est-ce arrivé ? Il est mort !»-

-«Nous ne nous sommes pas trompées, Il est, en vérité, le Fils de Dieu.

-Il est, en vérité, ressuscité,ressuscité visiblement, humainement,

Il est ressuscité Celui qui devait être la Vie,

qui est la Vie, et nous avions éprouvé un doute...».

Et alors, vis-à-vis de ce sentiment débordant de bonheur, de joie, qu'ont-elles ressenti ?

La peur, la crainte, une autre peur, une autre crainte que celle que nous ressentons lorsque nous avons peur de quelque chose.

Ce sont la peur, la crainte devant la splendeur.

Nous, de même, nous aurons cette crainte quand nous verrons Dieu face à face.

Et c'est pour cela que tout sera ébranlé.

Cette crainte du bonheur pascal, je vous la souhaite à tous en disant :

CHRIST EST RESSUSCITÉ!

Amen !

Site fondé par Père Guy Barrandon († 15 Octobre 2011)