Paroisse et Monastère SAINT-MARCEL et SAINT-SÉRAPHIM DE SAROV Coordonnées GPS: 44.071945, 1.982838

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Paroisse et Monastère SAINT-MARCEL
et SAINT-SÉRAPHIM DE SAROV

Monastère de la TRANSFIGURATION et SAINT-JEAN DE SHANGAÏ et SAN FRANCISCO

81170 SAINT-MARCEL DE CAMPES

Tél : 05 63 54 19 35


Renseignements :

Père Dominique MICHEAU

Appartement 210, Bâtiment C

1, Square Nicolas Poussin 33700 MERIGNAC

Tél : 05 56 55 04 26 - 06 81 38 17 71

Courriel : dominique.micheau@numericable.fr

En dehors des dates suivantes :
1ère Vêpres le Samedi à 18h30 et Laudes des dimanches à 10h30
Après la Divine Liturgie vous êtes conviés à partager des agapes fraternelles.

Renseignements sœur Bernardine : 05 63 54 19 35
Liturgie de Baptême, Mariage ou défunts, confession, sacrement de l’onction, bénédiction de maison, sont à demander au père Dominique Micheau : Tél. 05 56 55 04 26 qui s’organisera avec le père Gérard Lépine.


  • Pas d'évènements ce mois-ci.


    Vous pouvez néanmoins consulter les évènements des mois à venir dans le calendrier de gauche.



  • Nous vous tiendrons au courant des prochains évènements dés que possible.



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Liturgie pontificale Saint-Marcel 2016


Homélie de Mgr Germain à Saint Marcel de Campes le 07.08.2016 pour la transfiguration (00212)

Liturgie pontificale Saint-Marcel 2014


Saint-Marcel 2014  -  Homelie Monseigneur Germain (00157)

Ordination du Père Gilles


Saint-Marcel 2014  -  Ordination du Père Gilles (00158)

Galerie d'images


Histoire du lieu

Saint Marcel, haut lieu du pays cathare albigeois est situé à 35 kms au Nord Nord-Ouest d'Albi et à 6 kms de sa sœur cadette Cordes-sur-Ciel  Tarn

Saint Marcel est vraisemblablement un ancien oppidum gallo-romain sur lequel s'élavait, un peu avant l'an 500, une église, dont il reste encore des vestiges. Saint Marcel fut la propriété de l'Église et passa aux mains des comtes de Toulouse en l'an 1100.

La vocation de cette ville, cité fortifiée de plusieurs milliers d'habitants en 1200, est tout d'abord spirituelle. Convertie au catharisme, elle fut détruite complètement en 1212, par Simon de Montfort.

La façade ouest du monastère est un vestige des fortifications moyenâgeuses... et l'ancienne cuve de récupération des eaux de pluie s'y cache encore. 

Le Monastère


Quel est ce lieu ?

Le petit village de saint Marcel perché sur un promontoire en face du village de Cordes sur Ciel, se trouve dans la magnifique région du Tarn.

A côté de l'église de la paroisse orthodoxe saint Marcel et saint Séraphim de Sarov, se trouve la chapelle et les bâtiments du monastère.

Pour ceux qui n'ont pas connu le "petit père" Romuald, ce lieu béni par notre évêque Mgr Germain à vocation monachique, était l'ermitage du diacre‑moine Romuald Hébert qui a vécu et prié ici de 1966, année de la réception de l'habit de moine, à 1995, année de sa naissance au ciel.

Depuis, le monastère reçoit des moines et des moniales décidés à consacrer leur vie à suivre les commandements du Christ, prenant au sérieux l'Evangile et essayant d'avancer sur le chemin vers le Royaume de Dieu.

C'est une aventure intérieure de conversion, à la suite de notre Seigneur et Maître qui fait accéder à la vraie Vie sous l'inspiration de l'Esprit-Saint.

 

Quelle est sa vocation ?

Si les moines et les moniales sont retirés du monde, ils sont unis à tous par leurs prières. Leurs chants montent vers le Seigneur au nom de leurs frères et sœurs en Christ, proclamant sa Grandeur et implorant sa Miséricorde, Lui le Médecin des âmes et des corps.

Chaque jour ils offrent leurs prières et celles de ceux qui se sont recommandés à eux, au cours des Heures et de la Sainte Liturgie. C'est là qu'ils rejoignent tous leurs frères vivant dans le monde.

Ce monastère se veut être Un lieu de Retraite :

·   Venir passer quelques jours pour un ressourcement personnel. Prendre de la distance avec une vie parfois éprouvante en partageant une vie de prière dans la simplicité et l'échange fraternel. Ainsi approfondir sa relation à Dieu dans la paix et la vérité.

·   Se préparer à Noël et Pâques dans les recommandations que propose l'Église : Le jeûne, la prière et l'aumône.

·   Découvrir la profondeur de l'enseignement de la Tradition orthodoxe, par des lectures spirituelles (bibliothèque) et l'expérimentation des offices orthodoxes.

 

Possibilité d'hébergement et accès

Le monastère propose actuellement 6 lits pour les retraitants, la participation aux frais d'hébergement et aux repas en pension complète est de 25 Euros en dortoir et 30 Euros en chambre individuelle par jour. Ne soyez pas arrêté par un problème d'argent.

Il existe des possibilités de chambre d'hôte à proximité.

Nous pouvons venir vous chercher aux gares proches du monastère : Vindrac-Cordes, Albi.

Renseignements :

Tél : 05 63 54 19 35

Un chemin de partage

Le monastère est un des lieux de "Respiration de l'Église". Le lieu a besoin d'être restauré pour accueillir davantage de retraitants. L’aménagement des lieux et l’organisation de stages et expositions sont assurés en coordination avec l'association :

« Les Amis de Saint-Marcel du Tarn »


Pas d'informations pour le moment.

Vie de Saint Marcel de Paris

Vie de Saint Marcel de Paris(† 436)
Fêté le 1er Novembre

St Venance Fortunat en écrivant sa vie précisait: "La plupart de ses actions ont été dérobées par la jalousie du temps." Ce qui ne l'empêche pas de citer quelques faits merveilleux de sa douceur et de sa miséricorde à l'égard des pécheurs. Il dit également de lui : "Il s'appliquait avec une ferveur admirable à toutes les fonctions de sa charge, à la conversion des pécheurs, à l'instruction des ignorants, à la visite des malades, au secours des prisonniers. Il travaillait à entretenir l'amitié entre tous ses fidèles."

Celui qui fut un des grands évêques de Paris naquit dans une humble famille, près du Petit-Pont, non loin de Notre-Dame. L'histoire retient de saint Marcel qu'il présida le concile qui se réunit à Paris en 360-361. Les évêques des Gaules y proclamèrent solennellement leur foi en la divinité du Christ telle que l'avait définie le premier concile de Nicée en 325. St Hilaire de Poitiers, revenu d'exil, participait à ce concile, lui qui avait été un des plus ardents défenseurs de la foi de Nicée face à l'arianisme.

Cependant au travers des épisodes "légendaires" comme celui du dragon qu'il combat, nous entrevoyons sa personnalité : "Il rassemble le peuple de la Cité et marche à sa tête." L'administration romaine n'existe pratiquement plus, ébranlée par les invasions barbares. Saint Marcel prend le relais des institutions défaillantes. Il s'oppose aux bandes armées, il assainit les marais des bords de la Bièvre, il est proche des petites gens qui sont encore païens pour la plupart.

La vitalité de Paris et de son Eglise, dans les siècles qui suivent, repose en grande partie sur son oeuvre. Saint Marcel demeure, avec Saint Denis et Sainte Geneviève, l'un des trois saints protecteurs de Paris.

Vie de Saint Séraphim de Sarov

Vie de Saint Séraphim de Sarov 
Fêté le 2 Janvier

Ce grand témoin de la lumière du Saint-Esprit s'est levé, tel un astre nouveau, sur la terre russe, le 19 juillet 1759, à l'époque où l'esprit des soit-disant « Lumières » envahissait l'Europe et la Russie, préparant de loin les temps sombres de l'athéisme et de la persécution. Fils de pieux marchands de la ville de Koursk, il grandit dans la piété et l'amour de l'Eglise, et reçut dès son jeune âge les faveurs de la Mère de Dieu par une guérison miraculeuse. A dix-sept ans il quitta le monde, muni de la bénédiction de sa mère, et entra au Monastère de Sarov, où il devint rapidement un modèle d'obéissance et de vertus monastiques. Avec joie et bonne humeur, il s'acquittait de toutes les tâches les plus fatigantes pour le service des frères, jeûnait pour vaincre les élans de la chair, et gardait jour et nuit son intelligence fixée dans le souvenir de Dieu par la prière de Jésus. Au bout de quelque temps il tomba très gravement malade et, malgré la douleur, il refusait l'aide des médecins, demandant uniquement le seul remède qui convient à ceux qui ont tout abandonné pour Dieu : la Sainte Communion. Quand on lui apporta le Saint Viatique, la Toute-Sainte Mère de Dieu lui apparut au sein d'une intense lumière, en compagnie des Saints Apôtres Pierre et Jean le Théologien, et elle leur dit, en montrant le jeune novice: « Celui-ci est de notre race ! » Peu de temps après il guérit complètement et fit construire une infirmerie sur l'emplacement de cette apparition.

Au bout de huit années de noviciat, il fut tonsuré moine sous le nom de Séraphim ( « flamboyant » ) nom qui excitait encore davantage son zèle pour imiter ces serviteurs de Dieu incorporels et brûlants d'amour. Ordonné Diacre, il passait les nuits entières en prière avant de célébrer la Divine Liturgie; et, progressant sans cesse dans les saintes vertus, le Seigneur lui accordait en retour de nombreuses visions, extases et consolations spirituelles. Prudemment dirigé par ses anciens, il ne tirait cependant aucune vaine gloire de ces faveurs divines ; elles lui étaient au contraire l'occasion de s'enfoncer dans l'humilité et le blâme de soi, et de rechercher davantage la solitude.

Peu de temps après son ordination sacerdotale et la mort de son père spirituel, il obtint la permission de se retirer en solitaire, dans la forêt profonde, à 6 - 7 kilomètres du monastère, et de se construire une petite cabane en bois entourée d'un jardinet, sur une colline qu'il nomma la « Sainte Montagne » (Athos). Il y restait toute la semaine, ne rentrant au monastère que les dimanches et les jours de fêtes, et passait tout son temps dans la prière, la lecture et les labeurs corporels agréables à Dieu. Chacune de ses activités lui était une occasion d'élever sa pensée aux choses de Dieu. Il ne connaissait rien de profane, ni de charnel, et il supportait avec patience les rigueurs de l'hiver et les assauts des insectes de l'été, heureux de partager ainsi les souffrances du Seigneur pour la purification de son âme. Il portait continuellement un gros Evangile attaché sur son dos, comme le « fardeau du Christ », et il se rendait dans les endroits de la forêt, auxquels il avait donné les noms de lieux saints : Bethléem, le Jourdain, le Thabor, le Golgotha ; afin d'y lire les péricopes correspondantes. Il vivait ainsi intensément chaque jour, la vie même et la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ. La méditation continuelle de la Sainte Ecriture ne lui donnait pas seulement la connaissance de la vérité, mais elle lui procurait aussi la pureté de l'âme et la componction du coeur, de sorte, qu'en plus de la récitation des Offices Divins aux temps fixés et de ses mille prosternations quotidiennes, il pouvait prier sans relâche, l'intelligence unie au cœur. Il se nourrissait d'abord du pain fourni par le monastère, puis des seuls produits de son jardin; mais il se privait bien souvent de sa pitance pour la distribuer aux animaux qui aimaient venir près de sa cabane, en particulier à un ours énorme, devenu aussi docile qu'un chat.


En voyant ce mode de vie si agréable à Dieu et si proche de celui des êtres incorporels, l'ennemi séculaire du genre humain, le diable, excité de jalousie, déclencha contre l'ascète du Christ ses attaques accoutumées: pensées d'orgueil, vacarmes, apparitions effrayantes etc.; mais le vaillant guerrier repoussait tous ses assauts par la prière et le signe de la Croix. Comme la guerre des pensées se faisait plus pressante, le Saint décida d'entreprendre un combat digne des hauts faits des stylites de jadis : il passa mille jours et mille nuits, debout ou à genoux sur un rocher, en répétant sans cesse la prière du Publicain : « 0 Dieu, sois propice au pêcheur que je suis ! » (Lc 18:13). C'est ainsi qu'il fut définitivement délivré du combat des pensées. Mais le diable ne s'en tenait pas encore pour vaincu, il envoya contre lui trois brigands qui, furieux de ne pas trouver sur le pauvre moine l'argent qu'ils espéraient, le frappèrent à coups de bâtons et avec le revers de sa hache, et le laissèrent à demi-mort, tout ensanglanté et les os rompus. Bien que de forte constitution, le doux Séraphim ne chercha pas à se défendre et s'offrit aux coups dans la pensée qu'il participait ainsi aux souffrances du Seigneur. Malgré son état lamentable, il réussit à se traîner jusqu'au monastère où, après cinq mois de souffrances, il fut miraculeusement guéri par une apparition de la Mère de Dieu, en tout point semblable à celle advenue lorsqu'il était novice. Il resta cependant vouté jusqu'à la fin de ses jours et ne se déplaçait plus que péniblement, appuyé sur un bâton.





Cette infirmité lui permit de gravir un nouveau degré de l'échelle dressée pour lui vers le ciel et d'entreprendre, de 1807 à 1810, le combat du silence dans la solitude. Aussitôt rétabli, il regagna son « désert» et, ne pouvant plus retourner régulièrement au monastère, il cessa aussi de recevoir ou d'adresser la parole à quiconque. Chaque fois qu'il rencontrait quelqu'un dans la forêt, il se prosternait profondément à terre devant lui, sans un mot, jusqu'à ce que celui-ci s'éloigne. Il pouvait garder ainsi son intelligence fixée en Dieu, sans interruption ni distraction. Entre temps l'Higoumène du monastère mourut, et certains moines commencèrent à montrer une animosité marquée à l'égard du saint ermite, l'accusant de se séparer de la communion de l'Eglise. Finalement on lui donna l'ordre de regagner le monastère. Séraphim se soumit sans aucune opposition et s'installa dans une étroite cellule, où il commença un nouveau stade de sa vie ascétique: la réclusion. Dans le vestibule, il avait fait placé son cercueil, dans lequel il aimait prier, et dans sa cellule, où personne n'entrait jamais, il n'avait qu'un sac de pierres pour couche, un tronc d'arbre pour siège et une Icône de la « Vierge de tendresse », appelée par lui « la Joie de toutes les joies », devant laquelle brûlait en permanence une veilleuse. Il vivait ainsi dans le silence complet, augmentant ses austérités, lisant et commentant pour lui-même chaque semaine tout le Nouveau Testament, priant sans cesse, le coeur en veille, et n'ayant que les Anges et les Saints comme seuls témoins de ses fréquentes extases et ravissements de l'intelligence dans les demeures célestes.






Au bout de cinq ans de réclusion, il ouvrit sa porte, laissant entrer ceux qui voulaient le voir, mais sans rompre cependant son silence, même pour les visiteurs les plus importants. Puis, en 1825, l'heure d'abandonner la vie hésychaste lui ayant été révélée par la Mère de Dieu, il commença à faire profiter les autres hommes des fruits de son expérience: les moines d'abord, qu'il exhortait à l'observance des règles monastiques et au zèle dans l'oeuvre de Dieu, puis les laïcs, en nombre rapidement croissant. Après avoir communié volontairement à la Passion du Seigneur pendant 47 ans de vie ascétique, en passant successivement par les états de cénobite, d'hésychaste, de stylite et de reclus, ce petit vieillard habillé de blanc, tout courbé sur son bâton, se tournait vers les hommes, rempli de la grâce et de la lumière du Saint-Esprit, afin de s'acquitter du ministère supérieur de la paternité spirituelle ( starchestvo ) et de devenir pour tout le peuple russe un véritable «Apôtre», témoin et prédicateur de la Résurrection. Sa porte restait ouverte à tous jusqu'à la nuit. Il saluait ses visiteurs avec gaieté, en leur disant : « Ma Joie, le Christ est ressuscité ! »; et il marquait une joie toute particulière envers les pécheurs qui venaient vers lui repentants, comme le Fils prodigue vers son Père (Luc 11). Sa douceur surnaturelle convertissait les cœurs les plus durs, son humilité abaissait les plus fiers et leur faisait verser des larmes comme des enfants. Pour les aristocrates comme pour les hommes du peuple, la cellule du « pauvre Séraphim » était semblable à l'antichambre du ciel. Une conversation avec lui, ou une simple bénédiction, devenait un véritable entretien avec Dieu, qui pouvait changer radicalement l'orientation de leur vie. Grâce à son don de clairvoyance, il perçait les secrets des cœurs et les révélait aux pénitents qui n'osaient pas les avouer, il répondait à des lettres sans avoir besoin de les ouvrir, et savait donner à chacun le conseil, la consolation, l'encouragement ou la réprimande qui convenait. Complètement abandonné à la volonté de Dieu, il leur disait, sans examen, la première parole que Dieu lui révélait, et tombait toujours juste. Sa charité, c'est-à-dire l'amour de Dieu en lui, consolait tous, pardonnait tout, recouvrait tous. Il accomplissait un grand nombre de guérisons miraculeuses, en oignant les malades avec l'huile de la veilleuse qui brûlait dans sa cellule ou en leur faisant boire de l'eau de la source, appelée par la suite le « puits de Séraphim », située à peu de distance du monastère, dans son « désert proche », où il aimait passer ses après-midi. On lui adressait tant de demandes de prières, pour les vivants et pour les défunts, qu'il lui était impossible de commémorer tous les noms; aussi allumait-il pour chacun un cierge dans sa cellule surchauffée et constamment illuminée de centaines de flammes, comme autant d'âmes vivantes. Dieu lui accorda aussi le charisme de la prophétie, et il prédit des événements à venir tant pour des individus que pour tout le pays, comme la guerre de Crimée, la famine et la terrible épreuve qui devait ravager l'Eglise et le peuple russes un siècle plus tard ; mais il cachait ses prophéties derrière des paroles énigmatiques, qu'on ne comprenait qu'après la réalisation des événements.

Le riche propriétaire Motovilov, qui avait été guéri miraculeusement par l'homme de Dieu et était devenu son ardent disciple, lui demanda un jour : « Quelle est le but de la vie chrétienne ? » Le père Séraphim lui répondit : « C'est l'acquisition du Saint-Esprit, que l'on obtient par les œuvres saintes recommandées par l'Eglise, et surtout par la prière ». Comme son interlocuteur le pressait de questions pour savoir plus précisément qu'estce que la Grâce du Saint-Esprit, le Staretz le prit soudain dans ses bras, le regarda fixement —son visage était devenu plus brillant que le soleil en plein midi—, et il lui dit avec autorité : « Regardez-moi, Ami de Dieu, ne craignez pas. J'ai demandé au Seigneur de tout mon cœur de vous rendre digne de voir de vos yeux corporels la descente du Saint-Esprit. Et voilà ! Vous êtes devenu, comme moi, tout lumineux. Vous avez été aussi rempli de la grâce du Saint-Esprit, sinon il vous serait impossible de me voir ainsi dans cette lumière. Que ressentez-vous ? » Motovilov répondit : « Un calme, une paix indicible. Mon cœur est rempli d'une joie inexprimable ». « Et encore ? » — «Une chaleur et un parfum, tels que je n'en ai jamais ressentis». — «Ce parfum est la bonne odeur du Saint-Esprit, répondit le Saint, et cette chaleur n'est pas extérieure, puisque nous sommes en plein hiver et que toute la forêt autour de nous est couverte de neige, mais elle est en nous, conformément à la parole du Seigneur qui a dit: Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous (Luc 17:21) ». Cet extraordinaire entretien dura encore longtemps et, à la fin, Saint Séraphim demanda à son disciple de le rédiger par écrit et de le transmettre au monde entier. Le manuscrit de Motovilov ne fut retrouvé que bien plus tard, en 1903, à la veille de la canonisation du Saint. Il a connu depuis une diffusion considérable. C'est le message ultime de lumière et d'espérance que le Prophète de Sarov laissait à la Russie et à l'Eglise tout entière, en vue des épreuves de ces temps qui sont les derniers1. Dans ses instructions, il disait aussi souvent : « Ma Joie, acquiers l'esprit de paix, et alors des âmes par milliers seront sauvées autour de toi ». Cette paix intérieure, qu'il avait acquise au prix de tant de labeurs, se répandait autour de lui comme joie et lumière; c'est pourquoi Saint Séraphim ne laissa pas à la postérité un enseignement très développé, mais plutôt un modèle de vie.

Alors qu'il n'était encore que Diacre, la fondatrice du couvent de Divéyevo, situé à quelques kilomètres de Sarov, avait confié au père Séraphim la direction spirituelle de sa communauté naissante. Pendant toute sa vie, il montra une attention paternelle pour ses filles. La communauté grandit rapidement, malgré les difficultés économiques. Saint Séraphim l'organisa selon un mode strictement cénobitique, avec la sentence : « En tout temps, ayez les mains au travail et les lèvres à la prière ». Sur l'ordre de la Mère de Dieu, il fonda un second couvent, dit du « Moulin » , avec ses filles les plus chères, auxquelles il donna une règle de vie centrée sur la prière de Jésus. Malheureusement, après la mort du Staretz, Satan suscita un moine envieux et intrigant, qui s'efforça par tous les moyens de ruiner la réputation et l'œuvre du Saint : il fit fermer le « Moulin » et fit souffrir de nombreuses tribulations aux religieuses.

Un jour, quelque temps avant la fin de son séjour terrestre, Séraphim fit venir une moniale de Divéyevo et lui annonça, en la couvrant de son manteau : « Nous allons avoir la visite de la Mère de Dieu ». Le moment venu, il la releva et on entendit un bruit semblable à celui d'un vent violent dans la forêt, puis des hymnes de l'église; la porte s'ouvrit d'elle-même, et la cellule fut soudain inondée de lumière et d'un parfum très suave. Le Saint tomba à genoux, et la Mère de Dieu apparut, précédée par deux Anges, Saint Jean Baptiste et Saint Jean le Théologien, et suivie de douze Saintes Vierges Martyres. La moniale tomba à terre, croyant perdre la vie, alors que le père Séraphim se tenait debout et s'entretenait tendrement avec la Reine du ciel, comme un ami. Elle lui promit de toujours prendre soin des sœurs de Divéyevo, et en disparaissant la Toute Sainte lui dit : « Mon bien aimé, bientôt tu seras avec nous ! » Quand ils se retrouvèrent seuls, le Staretz confessa à la moniale que c'était la douzième apparition divine que le Seigneur lui accordait.

Parvenu à l'âge de soixante-dix ans, souffrant cruellement des suites de ses blessures, mais sans rien relâcher de son activité, Saint Séraphim parlait de plus en plus souvent de sa mort prochaine, avec joie et le visage rayonnant. Le ler janvier 1833, après avoir communié, il vénéra toutes les Icônes de l'église, en allumant devant chacune un cierge, et bénit tous les frères en disant : « Faites votre salut ! Veillez ! Des couronnes vous sont préparées ! » Puis, après avoir visité son tombeau, il s'enferma dans sa cellule et rendit son âme à Dieu la nuit même, à genoux, en chantant les hymnes de Pâques. Tout le peuple des environs se rassembla pour ses funérailles. Par la suite, l'homme de Dieu continua de visiter et de secourir ses enfants spirituels par de nombreuses apparitions et guérisons, et la dévotion du peuple ne cessa de grandir, malgré les oppositions. Finalement, la canonisation de Saint Séraphim, le 19 juillet 1903, en présence de la famille impériale, de nombreux Evêques et d'une foule de plusieurs centaines de milliers de personnes, venues de toutes les régions de la Russie, marqua son triomphe. Ce fut une dernière manifestation de l'unité du peuple russe et de la gloire de l'Eglise avant la grande épreuve. Ses précieuses Reliques, alors portées en procession au-dessus de la foule, accomplirent de nombreux miracles. En 1926, les bolchéviks les confisquèrent en vue de les exposer dans un musée de l'athéisme; mais elles n'arrivèrent jamais à destination et l'on suppose qu'elles sont aujourd'hui gardées par quelque pieux fidèle, dans l'attente de jours meilleurs.

1. L'Entretien avec Motovilov et les Instructions Spirituelles de Saint Séraphim sont traduits à la suite de sa biographie par I. GoraÏnoff: collection « Théophanie », Desclée de Brouwer, Paris, 1979 (2e éd.).

Vie de Saint Jean de Shangaï et San Francisco

Vie de Saint Jean de Shangaï et San Francisco



Saint Jean de San Francisco naquit dans le village d’Adamovska, en Ukraine, en 1896. Baptisé sous le nom de Michel, il reçut une éducation de fils de la noblesse, puis il entra à l’Université de Droit et à l’Ecole militaire de Poltava. Exilé par la révolution soviétique, il fut diplômé de la faculté de théologie de Belgrade et enseigna au séminaire serbe de Bitol. A 38 ans, il est sacré évêque à Belgrade sous le patronage de saint Jean de Tobolsk, son parent, par le métropolite Antoine de Kiev qui lui dit : « Il faut que je te sacre, car si je ne le fais pas, tu es si humble que personne ne le fera». Il est envoyé en Chine pour les Russes de Shanghaï par le métropolite qui le recommande ainsi: «Je vous envoie l’évêque Jean comme si je vous envoyais mon cœur et mon âme. Il est un miracle de stabilité ascétique »

A Shanghaï, il fonde un orphelinat qui accueillit plus de trois mille cinq cents enfants durant les quinze années de son séjour. Par sa prière, il obtient la guérison d’une tumeur maligne en faveur de Valentina, la première petite fille qu’il y reçut C’était un père à la fois aimant et strict pour les enfants, il organisait pour eux des jeux et savait les consoler en les distrayant, afin qu’ils ne sombrent pas dans la tristesse.

L’évêque Jean appartenait à ce type de moines qui luttent contre le sommeil et le remplacent par la prière. Depuis son adolescence il n’avait jamais dormi dans un lit et il se contentait de s’assoupir quelques heures dans un fauteuil. De petite taille, il était courbé en avant par le sac de terre sainte qu’il portait en permanence accroché à son cou. Il célébrait la liturgie de tout son être. Malgré les jeûnes de nourriture et de sommeil, malgré tous ses travaux, on pouvait le voir, la nuit de Pâques, se redresser comme soulevé par les anges, la face transfigurée d’une lumière non terrestre, et tourner autour de sa cathédrale, clamant et exultant d’une voix puissante et joyeuse les chants de victoire du Christ ressuscité.

Après la deuxième guerre mondiale, chassé de Chine, il emmène avec lui les orphelins et les jeunes élèves de l’école qu’il a fondée et les embarque pour l’Amérique. Comme les fonctionnaires voulaient refouler le bateau, l’évêque Jean obtient un délai de trois jours. Il s’installe alors sur les marches du Congrès à Washington, égrenant son chapelet et célébrant l’office divin entouré de ses icônes. Il est alors reçu par les autorités qui accordent l’entrée aux Etats-Unis à tous ces enfants.

Il fut aussi archevêque de Bruxelles pour l’Europe occidentale et archevêque de San Francisco pour l’Amérique du Nord. Sa sollicitude pour les personnes et les Eglises était universellement connue. Attentif à la mission et à la renaissance de l’Eglise orthodoxe occidentale, il sacra son premier évêque, Eugraph Kovalevsky, sous le nom de Jean de Saint-Denis, le 11 novembre 1964 à San Francisco, le jour de la fête de saint Martin de Tours.

Deux ans plus tard, le 2 juillet 1966, ayant été averti d’en haut de son départ terrestre, il naquit au ciel à Seattle en Californie, après avoir accompagné une procession de l’icône miraculeuse de Notre-Dame de Koursk. Reposant dans la crypte de sa cathédrale à San Francisco, il est vénéré comme thaumaturge et a été canonisé en 1994.

L’œuvre de ce missionnaire zélé, de cet ascète sévère et joyeux, de cet homme venant au secours des affamés et des pauvres, de ce liturge universel et averti, de ce bâtisseur de temples, s’étendit dans de nombreux pays et sur tous les continents. Sa parole a converti beaucoup d’hommes affamés de l’Evangile. Son œuvre a aussi suscité l’hostilité, car elle portait le ferment de la vérité. Au sein des épreuves et des attaques nombreuses dont il fut l’objet, on n’entendit sortir de sa bouche aucun jugement ni condamnation. Il avait coutume de dire :

« Prenez soin de l’âme humaine, elle est fragile ; greffez-la au Christ, elle deviendra invincible ».

Site fondé par Père Guy Barrandon († 15 Octobre 2011)