Paroisse La THÉOPHANIE Coordonnées GPS: 43.609145, 3.876836

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Paroisse La THÉOPHANIE


Paroisse La THÉOPHANIE

15, rue de l'Ancien Courrier

34000 MONTPELLIER
Tél : 04 67 60 27 14

Site: http://theophanie.blog.free.fr/


Renseignements:
Père Bernard JAKOBIAK
18, place Saint-Denis 34000 MONTPELLIER
Tél : 04 67 92 81 10 (Montpellier)
ou    04 67 82 48 03 (Cévennes)
Courriel : bernard.jakobiak@bbox.fr

Diacre Jean-Raoul PAMPURI
72, rue Antoine Roux 34400 Lunel-Vieil
Tél : 04 67 71 70 02 - 06 75 03 59 74

Divine Liturgie à 10 h 30

( Les dimanches où il n'y a pas de liturgie, le prêtre célèbre à Lyon ou est en voyage, on peut le joindre au 04 67 92 81 10 ou au 04 67 82 48 03 
et le diacre Jean-Raoul préside les Laudes, on peut le joindre au 04 67 71 70 02 )

  • Dimanche 10 Septembre 2017

    14ème dimanche après la Pentecôte

    Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie

    Le lys des champs

    Saint Saulve, évêque d'Albi

    suivie de l'AG de la paroisse de la Théophanie

  • Samedi 23 Septembre 2017

    Quatre Temps d'Automne, liturgie à 19h

    L'humilité

    Saint Silouane de l'Athos


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Monseigneur Germain à Montpellier le 10.01.2016 Les nations et le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam


Monseigneur Germain bénit les fidèles de la paroisse de Montpellier - 10 janvier 2016 (00105) Homélie de Monseigneur Germain - 10.01.2016 - Montpellier (00106) Bénédiction des eaux de la théophanie - 10.01.2016 - Montpellier (00107) Conférence de Monseigneur Germain - 10.01.2016 - Montpellier (00108) Conférence de Monseigneur Germain - 10.01.2016 - Montpellier (00109) Conférence de Monseigneur Germain - 10.01.2016 - Montpellier (00110) Conférence de Monseigneur Germain - 10.01.2016 - Montpellier (00111)











Monseigneur Germain à Montpellier les 10 et 11.01.2015


Préparation de la liturgie à Montpellier le 10.01.2015 (00009 2) Homélie de Monseigneur Germain à Montpellier le 10.01.2015 (00010 2) Conférence de Monseigneur Germain à Montpellier le 11. 01.2015 (00011 2) Conférence de Monseigneur Germain à Montpellier le 11.01.2014 (00012 2) Conférence de Monseigneur Germain à Montpellier le 11.01.2014 (00013) Conférence de Monseigneur Germain à Montpellier le 11.01.2014 (00014)

22.01.2017 - LA FOI ET LA GUERISON

La foi et la guérison. 2017

2°dimanche après la Théophanie. Montpellier, le 22 janvier

Ml. 1.11,14 Ro. 12. 16,21 Mt. 8. 1,13

Saint Vincent de Saragosse

Bien aimés frères et sœurs en Jésus-Christ, le Nouvel Adam,

 

l'apôtre Paul nous définit : «  Vous avez été prédestinés, ayant été prédestinés, vous avez été appelés, ayant été appelés, vous avez été justifiés, ayant été justifiés, vous avez été glorifiés. »Telles sont les étapes de notre vie chrétienne, si elle ne se perd pas en chemin. A ce sujet, les lectures de ce dimanche, nous mettent en garde contre les dangers d'une installation ou d'une errance.

 

L'ambiance du monde aujourd'hui, pousse à se passer de Dieu.

 

C'était déjà celle du temps du prophète Malachie, il y a quelque 2500 ans : le Messie annoncé n'arrivait pas et dans le Temple, on en était arrivé à mépriser l'autel  dont on attendait si peu, qu'on se permettait d'offrir en sacrifice, les bêtes les plus mal en point du troupeau.

 

Le même doute parmi nous, fait mépriser la divine liturgie, le déroulement de l'année liturgique et même la nécessaire nourriture de l'esprit qui est exclusivement, la Parole de Dieu. La réduire dans le temps qu'on lui consacre ou dans le manque d'attention aux mots et aux chants, c'est affadir « La Bonne Nouvelle ».

 

Cette fadeur est une lèpre, car elle enlève au destin de la créature humaine, son sens et sa beauté.

 

La journée, la semaine, le mois, les saisons, l'année sont dans l'attente de la demande du lèpreux à Jésus : «  Seigneur, purifie-moi ». Il s'agit pour la personne et pour la communauté, d'en prendre conscience dans le corps, l'âme et l'esprit remis à leur juste et harmonieuse place, par le repentir et le désir de vivre vraiment, en prenant le temps de nourrir l'esprit.

 

A son tour, il abreuvera l'âme. Elle sera libérée d'une soif d'absolu qui la rend dévoreuse, conquérante, inassouvie. L'âme apaisée n'imposera plus au corps, des excès et des ivresses destructrices. La déification pourra être désirée et accueillie. La vraie guérison aura lieu et la divino-humanité contribuera à transfigurer la création librement et dans l'amour.

 

Le temps est donné à l'homme et aux nations, pour revenir à Dieu comme l'a fait ce centurion romain, étranger et conquérant, dans l'évidence de la foi qu'il a su recevoir en son intégrité.

 

Le Seigneur Jésus-Christ est la Vérité. Le temps permet à chaque civilisation de se baptiser en sa langue devenue capable d'exprimer le Mystère du Créateur et de la création, sans le déformer. Toute personne, toute civilisation et toute langue est appelée à devenir sacrée, à se diriger vers son nom unique et irremplaçable appelé à être inscrit dans les Cieux.

 

Que la Tri-Unité nous donne la grâce de la foi et la purifie en notre esprit et notre cœur pour nous permettre de ressembler à Dieu, dans l'unité de la nature humaine et la belle diversité des personnes et des civilisations.

 

Père Bernard

11.12.2016 - LA VOIX DANS LE DÉSERT

La voix dans le désert. 2016

5° dimanche de l'Avent. Montpellier, le 11 décembre 2016

Is. 40. 1,9 Ph. 4. 4,7 Jn.1. 19,28

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


A la question « Qui es-tu ?, Jean Baptiste répond « Je suis la voix qui crie dans le désert ».


Ce désert est le monde quand il veut se passer de Dieu, quand il L'oublie ou Le méprise ou Le nie ou Le remplace.


Le cri de Jean-Baptiste est un appel à l'humanité pour qu'elle voie ses ténèbres et attende la lumière de la Révélation à partir de son repentir au sujet de ses vanités et de son orgueil.


Pour l'humanité, se repentir c'est reconnaître des ténèbres qu'on prenait pour sa compréhension, son savoir et ses lumières .


Ainsi le Messie que l'on prévoyait précédé du retour d’Élie, est ténèbres humaines ; de même la croyance en « Le prophète » pour la seule raison qu'il n'y avait plus eu de prophètes depuis plusieurs siècles...


Et Jean-Baptiste lui-même qui est « plus qu'un prophète » comme en préviendra Jésus, connaîtra lui-même le doute quand il fera demander à Jésus, de sa prison, « devons-nous en attendre un autre ? », comme s'il avait oublié qu'il L'avait reconnu dès le sein de sa mère.


Les ténèbres de l'intelligence humaine ont un pouvoir sournois de séduction. Elles deviennent facilement les montagnes de l'orgueil et les collines des vanités qu'il convient de reconnaître et d'aplanir pour laisser place à l'horizon inattendu, toujours neuf de la Révélation.


«  Viens dans les ténèbres de mon être en devenir » est la prière de ceux dont le désir est devenu lucide.


L'homme en effet, est appelé à devenir celui « dont le nom est inscrit dans les cieux ».


L'humain ne le comble pas. Sa raison d'être est la divino-humanité. Il en connaît les prémices dans ses instants de plénitude.


Il sera créature transcendante, unique, irremplaçable quand, libéré de tout souci d'avoir, de pouvoir et de jouissance seul, il sera l'être à sa juste place dans la création à l'image et à la ressemblance du Créateur.


Que la Sainte Tri-Unité nous accorde le désir, la grâce et la force de ne pas en rester à quelque installation dans le monde car elle serait un rétrécissement stérile.

Père Bernard

27.11.2016 - L'ÉTÉ ÉTERNEL

« L'été éternel » 2016

3° dimanche de l'Avent. Montpellier, le 27 Novembre 2016 (Saint Siffrin)

Is.18.1,5 Ro. 13. 11,14 Lc. 21. 25,33

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, bien aimés de Dieu, nous avons en Lui, abandonné les ténèbres et « revêtu les armes de la lumière »


Mais les hommes dont l'intelligence et la sensibilité sont tournées uniquement vers les réalités terrestres, se placent aujourd'hui sur les hauteurs de leurs talents, de leurs réalisations et de leurs prétentions. Ainsi se soumettent-ils aux rapports de force dont les fruits sont les invasions, les guerres et les injustices.


Sur ces hauteurs, les hommes ne seront pas hors d'atteinte des bouleversements inattendus quand « les Cieux et la Terre passeront ».


Ces hommes seulement humanistes, iront jusqu'à mourir de frayeur comme il est dit, quand ils constateront que « les cieux » , c'est-à-dire les lois qui donnent à tout ce qui existe, une stabilité multi-millénaire, seront ébranlées.


Les sciences et les technologies basées sur ces lois de la nature  mesurable, ne pourront  plus être un recours.


Si les lois physiques , par exemple, qui ont permis l'électricité , soudain étaient remplacées par d'autres lois , quel cataclysme angoissant ce serait pour toutes les raisons du monde.


Ce ne sera pas l'approche de l'anéantissement de la vie sur la Terre comme l'imaginent les athées quand ils envisagent la mort de l'étoile qu'est le Soleil. Ce serait bien au contraire, une mutation inconcevable de tout ce qui existe.


Cette mutation , entre autres, fera passer le monde, des lumières extérieures qui le rendent sensible, aux seules lumières intérieures aujourd'hui invisibles.


Le Soleil, la Lune, les étoiles seront alors méconnaissables et dans un mouvement parfaitement inattendu. Que deviendra la gravitation universelle pour que les créatures ne soient plus limitées par les temps et l'espace ?


Il faudra la foi en Jésus, parfaitement Dieu et homme parfait,et l'attente de son retour en gloire avec tous les saints, pour oser dire dans la tourmente et l'incompréhension des bouleversements  effrayants : « Réjouissons-nous ! ».


Ce sera le cri des vivants en Jésus-Christ. Il correspond à l'Evangile : « mes paroles ne passeront pas ». Elles sont « la Loi et les prophètes » que résument les deux commandements qui sont plus que des commandements car l'Amour ne se commande pas : « Tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », étant bien entendu que le prochain est n'importe quel homme quel que soit son âge, son rang, son sexe, sa langue ou sa civilisation.


C'est à ce prix que toute crainte sera dissipée, laissant toute sa place à l'Amour, fondement de tout ce qui vit.


« Cette génération ne passera pas que tout cela n'arrive . »


 Cette génération est la nôtre : celle à qui ont été proposés le Corps et le Sang du Christ , prémices de la vie vainqueur de la mort. Tout a été accompli en Jésus-Christ. L'homme n'a pas à attendre un autre Messie, encore moins une autre Révélation. Que nul ne vous égare a-t-il été répété en ce temps de l'Avent. Et l'invitation « ne dormez-plus. » concerne l'esprit de l'homme révélé à lui-mëme .Il peut dans la lumière de la prière et de la grâce, ne plus s'endormir dans les ténèbres de l'ignorance et des peurs qu'elle engendre.


Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit, Dieu augmente notre foi même  dans les pires épreuves afin que nous grandissions dans sa Lumière.


Père Bernard

27.08.2016 - LA VEUVE DE NAÏN

La veuve de Naïn

15° dimanche après la Pentecôte Montpellier, le 27 août 2016

1R. 17. 17,23 Ga. 5,25 à 6,10 Lc. 7. 11,16

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, bien aimés,


nous sommes du cortège qui suit Dieu fait homme, nous prévient l'Apôtre Paul, si, refusant de nous comparer aux autres, nous avons fermé les portes de l'envie car, en Jésus-Christ, l'unité de la nature humaine est retrouvée.


Le regard centré sur l'Alliance entre le Créateur et la créature, nous sommes en marche vers le triomphe de la vie dont nous connaissons les prémices dans la liturgie juste. Elle est, en toute conscience, l'accomplissement de la Promesse au peuple élu.


Dieu fait homme, le Messie, plein de compassion pour l'humanité en sa tragédie, ne juge pas, mais rend possible le triomphe de la vie.


Dans l'Evangile, le cortège qui suit la veuve éplorée, est l'image de cette tragédie. La condition mortelle à quoi se résigne le monde, conduit à ce néant dont l'enterrement du fils unique après le veuvage, est le signe désespérant.


Cet évangile témoigne d'un miracle de Jésus. Il est en même temps, la parabole de la précarité de la vie seulement humaine qui fait dire aux Ecritures : « vanité des vanités, tout est vanité. »


La veuve représente l'humanité dans son oubli de Dieu.


Quand l'humanité veut vivre par ses seules forces, que ce soit par les magies, les sciences, les arts et les pouvoirs sur la matière ou le remplacement de Dieu amoureux appelant la création à L'aimer, par des idoles concrètes ou abstraites, elle s'est réduite à une solitude triste comme un veuvage.


Cette humanité comme veuve de Dieu, a donné vie, mais elle sait que cette vie est barrée par la mort, même et surtout si la croyance en un au-delà pousse aux atrocités les plus archaïques faisant du Créateur un monstre : il sacrifierait sa propre création en invitant au massacre des « infidèles » comme le prétendent depuis toujours, les fanatiques. Ce fanatisme humain ressurgit de temps à autre, comme il l'a fait pour les grands massacreurs pourtant athées, du 20° siècle.


Dans ce pitoyable héritage, la présence de Dieu fait homme rétablit la vie. Pour la veuve de Naïn, il suffit que Jésus touche le cercueil pour que l'emprise de la mort cesse. Ce geste est celui de l'incarnation : Dieu se fait mortel. Il vient vaincre la mort pour en finir avec tout sacrifice sanglant.


Le fils unique en son cercueil, est la vie éphémère que porte l'humanité. Ce fils voué à la mort est vivifié par la Parole incréée. Il lui est donné de parler, de sortir du mutisme du néant.


Par Dieu fait homme, la parole créée reprend vie. Adam séduit, l'avait donnée au père du mensonge, satan.


Elle revient à l'homme en Jésus-Christ.


En Lui, l'homme connaît la louange juste. Il va pouvoir nourrir son esprit de la Parole de Dieu car s'il le désire de tout son cœur de vivant et non plus de brute prétentieuse, il pourra cultiver le silence et l'écoute de Dieu, sans les pervertir dans l'opacité des nuits intérieures d'ignorance et de peur dont il a hérité .


Dans l'Eglise, chaque être humain et chaque nation peuvent devenir ce fils unique réveillé de la mort non par ses propres dons ni savoirs, mais par son désir vigilant de la lumière de la foi en Jésus-Christ, chemin de la vie éternelle retrouvée dans le mystère de la personne réveillée par la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit, à qui soit


la gloire aux siècles des siècles.


Père Bernard

15.08.2016 - ASSOMPTION 2016

ASSOMPTION 2016 .

Ap. 12 . 1,18 Lc . 1 . 41,55

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


aujourd'hui, nous sommes invités à contempler le mystère des mystères : l'Assomption de la Vierge Marie, porte du Royaume. « Luisante de la gloire de Dieu, elle monte, alleluia » a chanté l'Eglise.


Les paroles humaines ne peuvent pas saisir le mystère. La liturgie permet ensemble, d'en approcher, selon l'ouverture du cœur, la foi et l'humilité de l'esprit.


Marie la Vierge « couverte de riches étoffes, appuyée sur son Bien-Aimé, traverse le désert » de la condition mortelle.. Elle est la fiancée de Dieu. Elle est la Mère de Dieu. Et elle devient la Mère de la vie car elle précède l'humanité appelée à la déification.


Dans ce mystère de l'accomplissement de l'Alliance promise au peuple élu, elle contribue à donner à chacun des appelés, le désir, le goût et la faculté de devenir le temple de Dieu, l'épouse du Christ et le Corps du Christ : chacun à sa juste place unique et irremplaçable, verra s'inscrire son prénom inconnu, dans les Cieux, comme il est écrit.


Aujourd'hui, l'écoute de l'Apocalypse nous ouvre au mystère des temps à partir du temps angélique. L'homme a une certaine expérience du temps angélique dans les instants de plénitude de sa vie . « l'instant, l'éternité ! » s'exclame un poète.


Aujourd'hui, l'Eglise nous invite à élargir notre esprit au mystère en ne lisant plus l'Apocalypse comme une prophétie concernant le temps chronologique.


Ainsi les nombres 1260 et 42 des chapitres 12 et 13, sont des nombres angéliques.


Dans 1260, 1 est le monisme, la croyance en Dieu Un, créateur du Ciel et de la Terre ; 2 est le signe de la dualité, de la lutte pour la vie et de la fécondité ; 6, comparé à 7 qui note la plénitude, est le manque ; et 0 illustre le néant , « la vanité des vanités » dont parle l'Ecclésiaste.


Quand il est écrit « et la femme – c'est l'Eglise – avait un lieu préparé par Dieu, dans le désert, afin qu'elle y fut nourrie pendant 1260 jours » , ce nombre n'est pas une durée chronologique à déchiffrer. La phrase nous donne l'image de l'Eglise nourrie par les sacrements jusqu'à la fin des temps.


Alors seulement, le manque fera place à la plénitude car la vanité de la créature aura fait place à la grâce de la déification et de la transfiguration des œuvres humaines. . La Terre et le Ciel auront été renouvelés. La créature humaine pourra vivre pleinement l'unité dans la diversité, à la ressemblance de la Divine Trinité.


-Dans la suite de l'Apocalypse, au chapitre 13, il est précisé : « Le Dragon, l'ennemi de Dieu, recevra le pouvoir de blasphémer et d'agir pendant 42 mois. » Or 42 est 6 fois 7. L'insistance du manque, le 6 semblera infiniment se répéter avant la plénitude, le 7, qui sera le retour en Gloire de Jésus-Christ, à une date que même le Fils ignore.


Marie la toujours Vierge, participe déjà en son esprit et en son corps, du même mystère. Elle précède l'humanité renouvelée en Jésus-Christ et par l'Esprit-Saint. Elle est dite « la Mère de la vie » car elle a permis par son audacieuse obéissance, que triomphe la vie sans plus aucune ombre de peur ou de mort.


Dans son Assomption, elle échappe à la corruption de son corps. Et si elle a connu la mort, c'est pour souligner qu'elle n'est pas une déesse mais une femme « bénie entre toutes les femmes », elle qui sait dire d'un saint : « Il est de notre race ! »


Marie la Vierge Mère, par son « oui » viril à l'Archange et à l'Esprit-Saint, donne raison à la vie renouvelée. Ainsi peut-elle prier pour l'Eglise et pour chaque fidèle afin qu'ils ne soient pas submergés par leurs épreuves.


Son Assomption invite à ne plus oublier de la voir précéder chaque Eglise et chacun , selon la foi, dans la traversée du désert de la condition mortelle.


Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit, Dieu Un , donne à l'homme le désir d'être revêtu de la Gloire de Dieu, comme elle en est revêtue maintenant et toujours, et aux siècles des siècles.



Père Bernard

05.06.2016 - LA BREBIS PERDUE 2016

LA BREBIS PERDUE . 3° dimanche après la Pentecôte . Montpellier. 5 Juin 2016

Ez. 34. 7, 16a 1P.5.6,11 Le. 15.1, 10

Bien aimés,


La brebis perdue est l'humanité liée par un pacte de sang, à la volonté de l'ennemi du Créateur et de sa création.

 

« Tu nous a rachetés, Seigneur, Dieu de Vérité ». La nature humaine en Jésus- Christ, n'est plus emprisonnée par cette volonté de destruction de la vie. Au contraire, elle a traversé les 99 cercles angéliques et se trouve à la droite de Dieu le Père.

 

La victoire est acquise. Pour que l'homme soit vraiment libre, elle est à rejoindre par le peuple de l'Accomplissement qu'est l'Eglise en son devenir et par chacun des appelés en personne.

 

« Quand vous serez deux ou trois réunis en mon Nom, je serai au milieu de vous. » : la plus petite Eglise est l'Eglise, tout comme la plus pauvre personne humaine est l'Homme. L'une et l'autre sont d'autant plus attaquées par Satan et les autres esprits mauvais dont la ruse est de faire croire qu'ils n'existent pas.

 

Le prophète Ezéchiel annonçait, cinq cents ans avant Sa Naissance, la venue du seul berger capable de ramener au royaume de Dieu, les hommes égarés et emprisonnés dans leur ignorance et dans leurs instincts dénaturés.

 

Et il y aura bientôt deux mille ans, l'apôtre Pierre souligne à quel point toute communauté et tout être humain aura à surmonter sa vanité et son impatience .

 

« Humiliez-vous sous la puissante main de Dieu » ose-t-il proclamer, car il sait d'expérience ce qu'il en est : alors qu'il était le porte-parole des Apôtres quand il Lui a répondu « Tu es le Christ de Dieu », il a subi l'épreuve la plus redoutable pour lui.

« Arrière de moi, Satan » lui est-il asséné quand il prétend s'opposer à l'arrestation, aux humiliations, aux souffrances et à la mort du Messie attendu. Pierre a éprouvé l'humiliation la plus insupportable : de la lumière du Royaume , il s'est vu précipité dans l'abîme satanique. Comment ? Par le simple refus de l'épreuve incompréhensible et inattendue.

 

« Humiliez-vous... ».Pierre sait que le chemin vers la vie nouvelle passe par l'acceptation de l'épreuve la plus cruelle il semble. Elle efface toute possibilité de vanité si elle est acceptée comme la volonté encore incompréhensible de Dieu. Elle sera féconde si elle s'accompagne d'une juste patience. Elle est le chemin rude mais viable de la brebis perdue car elle ignorait qu'elle s'était perdue dans l'auto­satisfaction du croyant se limitant à une piété formelle, à la lettre de la révélation et à l'installation dans des habitudes.

 

L'apôtre Pierre, après son triple reniement du Christ, pourra préciser : « vous serez élevés en temps voulu. ».Dans le repentir amer, Pierre saura s'ouvrir au sens de la vie.

De telles épreuves permettent la liberté de chaque communauté et de chacun. La brebis perdue devenue consciente de son égarement, de son ignorance et de sa résignation à peu de vie, est en mesure de permettre à Dieu de la ramener en Son Royaume.

 

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. » peut devenir la prière du cœur. Que Dieu nous en donne le goût et les fruits.


Père Bernard

05.05.2016 - ASCENSION 2016

Ascension 2016, Mémoire des anges

Saint Hilaire d'Arles ...Mémoire des Anges

Ac.1.1, 11 Mc.16.14, 20. Montpellier le 5 mai 2016.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Aujourd'hui, Jésus-Christ après sa résurrection et son enseignement aux disciples, traverse les 9 cercles angéliques. Les Anges se réjouissent de voir l'homme, en Jésus-Christ, s'asseoir à la droite du Père. La nature humaine est magnifiée. Cette victoire est à rejoindre dans l’Église et personnellement.


A la joie de la Résurrection du Christ, succède la lumière de l'attente infaillible de Sa présence invisible sur le chemin de la déification.


D'autre part, l’Église invite à se souvenir de la première venue de Jésus-Christ ressuscité quand il a reproché à ses disciples leur incrédulité.


«  L'incrédulité », a-t-Il précisé, vient « du cœur endurci ». Le cœur, centre de l'être humain, comme celui de Pharaon en face de Moïse, peut devenir imperméable à la présence de Dieu . Et la foi, cette grâce, ne pénètre pas.


La prison intérieure de Pharaon est l'orgueil du pouvoir. Thomas qui a douté de la résurrection a eu le cœur endurci par ses propres pensées : il était persuadé que le corps humain ne pouvait pas ressusciter mais que l'ange d'un défunt, son âme, pouvait seule devenir visible aux vivants.


Le cœur endurci est un cœur enfermé dans une suffisance, un cœur devenu incapable d'accueillir l'inconnu, le neuf, l'homme neuf. Il est devenu « cœur de pierre » quand l'avoir, le pouvoir, la science, l’œuvre ou la jouissance est devenu absolu.


Maxime le Confesseur enseigne à ce sujet , que l'intelligence de l'homme tournée uniquement vers le visible et le sensible, rend le cœur terre à terre, « terreux ». Dès lors quand approche « le soleil de justice » dans l'inattendu, le miracle ou l'épreuve, ce cœur s'endurcit de plus en plus comme s'endurcit l'argile à la chaleur.


Par contre, l'intelligence de l'homme qui se tourne vers les réalités célestes, fait du cœur comme une cire malléable, sensible à la chaleur divine .. Plus « le soleil de justice » s'approche, plus le cœur  devient capable d'en accueillir l'empreinte. C'est un cœur purifié, ouvert à la grâce, aux témoignages des prophètes, des apôtres, des miraculés et des saints, un cœur appelé à devenir de plus en plus sensible à la Parole de Dieu, seule nourriture de l'esprit créé revenu à la vraie liberté en Jésus-Christ et par l'Esprit-Saint.


Que le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Dieu un  nous donne le désir des réalités spirituelles et le goût de nous convertir à l'homme nouveau.


Père Bernard

01.05.2016 - FETE DE NOTRE-DAME DU LABEUR

5°dimanche après Pâques. Fête de Notre-Dame du labeur

Saint Philippe et Jacques le Mineur, apôtres et martyrs

Ja.1. 22,27 Jn. 16.23,30. Montpellier le 1 mai 2016.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


bienvenue à nos frères du « partage chrétien » du Mazel, dans les Cévennes, d'être venus célébrer avec nous, cette divine liturgie. Elle devient pour nous tous, une action œcuménique.


Dans l'Eglise, l'apôtre Jacques invite à l'action, l'apôtre Paul, à l'expression de la Vérité et l'apôtre Jean , à la contemplation tendue vers l'extase.


Ce sont trois sensibilités. Matthieu,Marc et Luc sont trois autres sensibilités. Ils illustrent bien l'unité de l'humanité dans la diversité des personnes, à l'image et vers la ressemblance de la Divine Trinité.


Chaque fidèle, dans son intégrité est appelé à découvrir et à aimer la diversité des tempéraments, des talents, des œuvres, des civilisations et des langues dans leur chemin vers l'unité de la Vérité révélée.


Tout l'humain dans l'Eglise , s'il ne s'installe pas dans une suffisance jugée définitive, s'ouvre à la déification et à la  transfiguration de la création dont il est appelé à devenir le roi et le prêtre.


Dans l'évangile que nous venons d'entendre, la révélation de la Vérité est soudaine : pour les disciples qui suivent Jésus-Christ, l'écoutent et recueillent dans leur mémoire en éveil, chacune de ses paroles depuis quelque trois ans, tout s'éclaire.


Ils comprennent que le Christ est non seulement le Messie attendu mais Dieu devenu chair, l'unique engendré, dont la juste place est à la droite du Père qu'Il va rejoindre.


Aujourd'hui, les disciples et nous, si nous restons à l'écoute , recevons la grâce de passer de la croyance à la lumière .


Dès lors chacun dans la vigilance, est en chemin vers le singulier absolu : il devient celui qu'il est appelé à devenir ; - Il y faudra le temps d'une vie.-


Par son sang versé, Jésus a racheté l'homme à Satan dont il s'était fait l'esclave . Cette libération est joie proposée à la foi, cette grâce. Elle est le fruit de l'amour de Jésus-Christ, parfaitement Dieu et homme parfait.


Mes frères, que Jésus- Christ, nouvel Adam, nous fasse naître à la lumière, à la vraie liberté et à la vie sans déclin.


Père Bernard

17.04.2016 - JUBILATE

3ème dimanche après Pâques. Jubilate

1° P.2. 11,20 Jn. 16. 16, 22. Montpellier le 17 avril 2016.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Aujourd'hui, à partir de la résurrection du Fils de l'Homme, Jésus-Christ, la Révélation invite le peuple de l' Accomplissement de l'Alliance du Créateur et de la création, à vivre dans la joie, quoi qu'il arrive.


Les épreuves demeurent. Elles sont éloignement du Christ. La maladie, les infirmités, le deuil, la violence, les rancoeurs, les injustices, les guerres, la perte des biens, la ruine... sont ce temps annoncé par Jésus-Christ à ses disciples : « Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus. ».


Ce temps a d'abord été les trois jours où le Christ avait été déposé mort dans le tombeau. Temps d'autant plus insupportable que les disciples attendaient du Messie, Jésus, auteur de tant de miracles et  « enseignant avec autorité » , qu'Il vive à jamais pour établir sur la Terre, la Promesse faite au peuple élu.


Ce temps désespérant de l'épreuve quand elle est à ce point imprévue, fera place au temps de la présence de l'Homme nouveau qui était annoncé par la suite de la phrase: « et puis encore un peu de temps et vous me verrez »  . « Purifions nos sentiments et nous verrons le Christ » avons-nous proclamé.  Le voir ainsi « resplendissant » est la joie que « nul ne pourra enlever », fût-il injuste, calomniateur ou assassin.


Le temps de l'épreuve passe comme passent pour une femme qui accouche, les douleurs qu'elle va  oublier dans la joie d'avoir donné  naissance à un être neuf .


Toute épreuve est dans la vie de chacun et de chaque communauté en leur devenir, la naissance de l'homme nouveau dont le nom encore inconnu est appelé à se trouver inscrit dans les cieux. . C'est la joie de l'éclosion de l'homme vivant à jamais. Et cette joie est celle de la création elle-même car elle est un acte d'Amour de Dieu. Sans cet Amour, rien n'existe. Il est la raison d'être de toute créature.


La joie quoi qu'il puisse paraître dans l'épreuve, est le fondemenr de chaque créature . La créature humaine, elle, est appelée à devenir « Roi et Prêtre », Roi dans la joie de favoriser tout ce qui vit, et Prêtre dans la joie d'aider chaque créature à trouver sa juste place dans son élévation vers Dieu. Et le saint n'est-il pas celui qui voit la joie originelle dans tout regard qu'il rencontre ?


Mes amis, désirer, accueillir et cultiver la joie, est le chemin des pauvres dont parlent « les Béatitudes »et dont il est dit : «  Le Royaume des cieux est à eux »


Christ est ressuscité et sa résurrection a ouvert le chemin de la joie.

Que le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Dieu un, nous en donne le goût.


Père Bernard

03.04.2016 - QUASIMODO

1er dimanche après Pâques. Quasimodo

1 Jn 5/4-10 Jn 20/ 19-31. Montpellier le 3 avril 2016.

Saints NICÉTAS, abbé en Bithynie et Joseph Hymnographe

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Le message annuel du mercredi-saint 2016 nous est rude : le reniement et le repentir dans les larmes amères de l'Apôtre Pierre (Mtt.26.73,75) seraient le programme de l'année à venir.  Plus que jamais, depuis deux mois, devant Dieu, nous sommes l'Eglise Orthodoxe de France et ce message est davantage pour l'Eglise que pour chacun ou pour une paroisse.


La nation, la France même si elle a tendance à l'oublier, a renié Jésus-Christ, Fils de Dieu, Dieu, et Fils de l'Homme plusieurs fois. Le reconnaître et pleurer amèrement comme Pierre, est une conversion, un renouveau. Nous sommes invités à le vivre et à en témoigner.


On parle de pensée occidentale. Il est le fruit du premier grand reniement, celui dela pensée du moyen-âge, pensée scolastique car elle est refus et ignorance de la nécessaire contemplation du Mystère de la révélation sans la prétention de Le comprendre. « Toi dont le Nom bien aimé est partout répété mais dont exprimer l'être ou connaître la nature, nous est absolument interdit » écrit Syméon le Nouveau Théologien, à Constantinople, au début du 11° siècle. Le premier reniement a continué à braver cet interdit . Et Dieu est devenu une idée de Dieu un savoir puis un ensemble de valeurs culturelles.


A la renaissance, ce sont les cultures antiques, grecque et romaine qui deviennent des modèles. Dieu s'estompe encore davantage. L'Eglise s'est adaptée au Monde. Elle participe au pouvoir. L'Eglise de France s'est organisée. Elle est dite « fille ainée de l'Eglise ». Elle voudra imposer aux consciences des croyances obligatoires, et son autorité.  Elle renie la parole du Christ : « la Vérité vous fera libre » et elle ignore le mystère de la personne créée. Elle ne conçoit plus que des personnages.


Le troisième reniement consiste à se passer consciemment de Dieu. « Ecrasons l'infâme » ! conseille Voltaire. Le siècle passe pour être devenu celui des Lumières. L'homme instaure « la déesse Raison ». Le nouveau pouvoir veut éliminer Dieu. « Français, encore un effort » écrit le marquis de Sade. On tue le Roi . Et la raison d'Etat instaure la terreur. Depuis on fête comme une libération la Révolution ainsi idéalisée.


Thomas aujourd'hui, nous dit l'Evangile passe de l'incrédulité à l'évidence lumineuse de la foi quand il réalise que Dieu donne sa noblesse et sa légitimité au corps et à la matière. Il ne peut plus être pris par des croyances qui nient la résurrection de la chair et la personne,comme la réincarnation ou le nirvanha. 

Que le Père, le Fils et le Saint-Esprit nous donne  le désir et le goût de sa Lumière.


Père Bernard

06.03.2016 - PREMIÈRE MULTIPLICATION DES PAINS

4° dimanche de Carême. Laetare. 1° multiplication des pains.

Jr. 31. 1,7. Ga. 4. 22,31. Jn. 6. 1, 15. Montpellier le 6 mars 2016 .

Saints THEODORE, CONSTANTIN, CALLISTE et leurs 42 compagnons, martyrs à Bagdad, en 845.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Nous fêtons dans la joie, les prémices de l'Eucharistie en cette mi-temps du Carême. Pour qu'il devienne « le printemps de l'âme », il nous faut chasser de notre cœur, « le fils de l'esclave » afin de laisser sa juste place au « fils de la femme libre ».


Chasser « le fils de l'esclave », c'est refuser tout ce qui vient de l'oubli de Dieu et  qui prétend combler l'homme.


Quant à la femme libre, depuis la victoire de la Croix sur la mort, elle est l'Eglise. . Elle invite à mourir et à ressusciter en Jésus-Christ dès le baptême puis en chaque sacrement et en chaque liturgie. Elle invite à la nourriture et au breuvage de la vie éternelle, Corps et Sang du Fils de l'homme. Il a bien dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang ne verra jamais la mort. ».


De la dimension seulement humaine barrée par la mort depuis le péché d'Adam, le fidèle entame le chemin sans fin de la divino-humanité, selon son désir et sa foi.


Le « fils de la femme libre », l'Eglise, est l'homme ainsi déifié. Il découvre la vie éternelle.


Lui laisser sa juste place, est le fruit du repentir et de la contrition. Le cœur brisé ouvre à la grâce de la Résurrection. Il se brise car il réalise que c'est lui, homme qui invente la mort quand il refuse d'écouter Dieu, de lui prêter foi, de L'aimer. Son repentir, l'ouvre à la grâce. La vie devient à nouveau, éternelle. Elle est retrouvée en sa beauté originelle en voie de transfiguration.La rose rouge sur la Croix, en cette liturgie, en est le signe. Elle triomphe.


L'Eglise enseigne une lumineuse espérance. Elle en donne les prémices, selon les dons et la foi.

Le corps mourra et l'âme ainsi que l'esprit seront désemparés de ne plus s'appuyer sur sa réalité. Se tournant vers le corps ressuscité de Jésus-Christ, ils s'élèveront de plus en plus en Lui, jusqu'à trouver leur juste place, celle, unique et irremplaçable du « nom inscrit dans les cieux » selon la parole du Seigneur Jésus-Christ à ses disciples. C'est le sens de la seconde vie dans l'attente de la résurrection de la chair, à la fin des temps où commencera, corps, âme et esprit, la plénitude de la personne transendante en son devenir sans fin.


Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit, Dieu Un nous donne le goût de la dimension divino-humaine, prélude du prodigieux destin de l'homme a jamais vivant.


Père Bernard

01.11.2015 - TOUSSAINT 2015

TOUSSAINT 2015

Les Béatitudes sont aujourd'hui le programme de sainteté proposé par Dieu aux hommes.


La première béatitude peut être entendue comme la porte de ce programme de vie. «  Bienheureux les pauvres en esprit ».


 Dans le monde où la tendance est l'oubli de Dieu, cette pauvreté de l'esprit consiste à ne plus rester limité par ses seuls talents aussi légitimes soient-ils. Les pauvres en esprit s'ouvrent au royaume de Dieu qui est en eux. Ils sont devenus lucides : ils reconnaissent que ni le monde physique ni le monde psychique ne suffit et tournent leur intelligence et leur cœur vers la réalité spirituelle. Ils laissent émerger l'esprit en eux, leur esprit, et ils constatent  qu'il est comme le mendiant de la Parole de Dieu : il se nourrit exclusivement de la Révélation divine.


L'esprit créé n'est pas produit par la matière ni par le  psychisme. Les catastrophes du 20° siècle l'ont prouvé. Le matérialisme dialectique au lieu de créer un homme nouveau dans le paradis promis de la société sans classe, a abouti à un totalitarisme esclavagiste et meurtrier. Et l'idéologie nazie basée sur l'emprise psychique sur les foules, a sombré après  douze ans de destruction massive et d'un retour barbare au génocide,  alors qu'elle prétendait fonder une humanité forte et saine pour mille ans. Puis on a dit que « le 21°siècle serait spirituel ou ne serait pas. » Or remplacer le matérialisme et la folie du surhomme fort et dur par un spiritualisme pur aboutirait à un totalitarisme d'autant plus absolu qu'il verrait des ennemis dans la matière et dans le psychisme.

 

L'esprit de l'homme est créé par le silence de Dieu. L'esprit se manifeste en l'homme quand il devient capable de silence. C'est le but de la prière. L'esprit est ainsi nourri de prière et il développe la force de se détourner des prétentions de la matière et du psychisme. Bien loin de les mépriser ou de les asservir, il leur permet de découvrir leur juste sens et leur juste place.

L'homme qui se voit pauvre car il a découvert que tous ses talents sont insuffisants s'ouvre , corps, âme et esprit, au royaume de Dieu. Il est devenu un vivant.


Peuple de l'accomplissement, les chrétiens sont appelés à désirer l'émergence de leur propre esprit et à le nourrir de la seule Parole de Dieu en évitant tout rétrécissement et toute installation car le Royaume est l'inconnu qui n'en finit pas de se révéler.


Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit donne à chacun des baptisés, selon leur foi et leurs dons, le goût de la pauvreté en l'esprit créé, porte de la plénitude et de l'harmonie de la créature humaine.


Père Bernard

15.08.2015 - ASSOMPTION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu

Ap. 12/1-18 Lc 1/41-55. Montpellier le 15 août 2015.

dormition

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


L’Évangile nous invite aujourd'hui, à la foi dans les témoins. Ils sont trois, Elizabeth, Jean-Baptiste dans son sein, et Marie. Tous les trois témoignent de la Parole de Dieu incarnée en la Vierge Mère. Et si Jésus-Christ est le Verbe de Dieu , la Vierge Marie est la vie qui triomphe dans son silence.


Le mystère de la Vierge Mère est trop grand pour être approché avec des mots. Elle est silence à contempler dans le silence. Mère de Dieu fait homme , elle est mère de la vie. Créature humaine, elle bénéficie de l'unité retrouvée en Jésus qu'elle porte en elle, elle est le microcosme qui contient le monde.


Elle porte en elle, tout le visible et le sensible libérés de la mort. Mère de Dieu fait homme, et de la vie renouvelée, elle est en même temps, dans le même mouvement, l’Épouse de l’Époux. Elle « traverse le désert », la condition mortelle jusqu'à la fin des temps, « revêtue de riches étoffes », parée de toute la vie que Dieu a créée et dont elle est devenue la mère à jamais, elle va « appuyée sur son bien-aimé ».


Vierge et mère, le mystère est grand et les mots humains sont dépassés, elle vit l'intimité comme conjugale avec Dieu, une intimité parfaite , divine dont on peut seulement imaginer la plénitude. Le passage de l'Apocalypse que nous avons entendu, dans le temps des Anges qui n'a rien de notre temps chronologique car il ignore l'usure, est une vision de l'histoire de Marie, de l’Église et de l'humanité toute entière , histoire que les hommes comprendront pleinement à la fin des temps.


Marie est l'Amour en Dieu et en même temps, elle n'apporte pas la paix béate d'un monde qui serait devenu bien gentil. Les volontés ennemies qui veulent détruire la création persistent, même une fois vaincues dans les Cieux. La lutte contre elles, demeure nécessaire sur Terre . Toutes les fois que, au Nom de Jésus-Christ, Dieu et Homme, des chrétiens sont tués, la fin des temps s'approche mais nul n'en connaît le jour ni l'heure.


Il sera celui du retour du Christ en gloire. Marie Vierge et Mère est la femme forte. Il est bon de la prier avec virilité et non dans une sentimentalité infantile. Elle prépare aux durs combats le plus souvent intérieurs, des épreuves où l'homme par la grâce, est orienté vers son nom appelé à être inscrit dans les Cieux.


Que la contemplation du mystère de l'Assomption nous ouvre au silence intérieur et à la ressemblance avec Dieu , donnant tout son sens au « oui » de Marie et à la réponse de chacun comme de chacune des civilisations, à l'appel du Père et du Fils et du Saint-Esprit, en son pur Amour.

Tendu vers la vie encore possible, uniquement, il se fait le serviteur d'un seul maître, la vie encore inconnue dans son nouvel aspect, la vie sans la mort, la vie qui commence, car elle a traversé l'épreuve. L'argent, le rang, le pouvoir ne comptent plus pour lui. La vie qu'il pressent dans la finesse de son esprit libéré, n'est plus limitée par la justice . L'amitié qu'il provoque , même si elle est intéressée, l'oriente vers l'Amour désintéressé et prodigue de Dieu. Mes amis, demandons au Père et au Fils et au Saint-Esprit la vraie liberté.


Père Bernard

02.08.2015 - L'ÉCONOME INFIDÈLE

8ème dimanche après la Pentecôte, l'économe infidèle

Si. 14. 1, 14 Ro. 8.12, 17 Lc. 16. 1, 13. Montpellier le 2 août 2015.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, bien aimés. L’Église invite à ne pas mépriser les jouissances légitimes comme les avares qui étant mauvais pour eux-mêmes ne peuvent qu'être mauvais avec tout autre ou comme les envieux qui passent leur vie à gérer et amasser des biens sans se donner le temps d'en jouir.


C'est ce qu'enseigne le Siracide. D'autre part, l'apôtre Paul dans son épître aux Romains, invite à négliger la chair au profit de l'esprit. Cette invitation à la plus grande ascèse est réservée aux vocations monacales l' a précisé Jésus-Christ en réponse aux disciples : ils se demandaient s'il ne valait pas mieux éviter le mariage car la loi messianique allait interdire de répudier sa femme. Le Messie a réservé le vœu de chasteté à ceux qui en avaient reçu l'appel et la grâce.


La parabole de l'économe infidèle invite à contempler, en dehors de ces deux chemins vers le Royaume, une étrange admiration du Créateur pour ce qu'on appelle l'habileté ou l'intelligence de cet économe véreux qui pour se tirer d'affaire, n'hésite pas à spolier davantage son maître. L'économe dont il s'agit qui est l'homme écoutant son seul intérêt , est admirable de sagacité – le mot se trouve dans la traduction de Chouraqui.


La sagacité est la sensibilité aux plus infimes nuances de la vie qu'il importe de savoir discerner et choisir pour ne pas se livrer à la mort ou s'y résigner. - Le sens premier de « sagacité » concerne les parfums. Elle est la sensibilité aux parfums les plus subtils. La sagacité de cet économe est exemplaire. Il est tellement sensible à la vie encore possible dans l'épreuve, qu'il reconnaît sa faute sans même en parler, sans besoin d'en chercher un coupable, sans se repentir, sans amertume, sans remords, sans culpabilité.


Tendu vers la vie encore possible, uniquement, il se fait le serviteur d'un seul maître, la vie encore inconnue dans son nouvel aspect, la vie sans la mort, la vie qui commence, car elle a traversé l'épreuve. L'argent, le rang, le pouvoir ne comptent plus pour lui. La vie qu'il pressent dans la finesse de son esprit libéré, n'est plus limitée par la justice . L'amitié qu'il provoque , même si elle est intéressée, l'oriente vers l'Amour désintéressé et prodigue de Dieu. Mes amis, demandons au Père et au Fils et au Saint-Esprit la vraie liberté.


Père Bernard

24.05.2015 - PENTECÔTE

Pentecôte 2015. Pentecôte.

Montpellier le 24 mai 2015.

Saint Vincent,moine de Lérins, Père de l’Église

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,
bien aimés,

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, bien aimés, aujourd'hui nous bénéficions en personne du feu de l'Esprit-Saint . Puisse-t-il nous libérer des broussailles qui encombrent notre recherche de la justice et de la juste place de chaque créature. Ce feu est la lumière donnée à l'homme : par ce feu, l'homme sait que le vivant est à l'image de la Sainte Trinité, de Dieu parfaitement Un en trois Personnes.

Et l'unité de la nature humaine retrouvée en Jésus-Christ, nouvel Adam, ne conduit pas à l'uniformité car elle est liée à la diversité des personnes créées, à nouveau tournées vers le tout à fait autre qu'est Dieu .

De même il n'y a plus une langue sacrée qu'il s'agirait d'imposer à tous , mais chaque langue devient sacrée lorsqu'elle s'est purifiée jusqu'à exprimer au plus près, la Révélation qui est une . Et la diversité des langues devenues sacrées exprime la diversité des civilisations. L'esprit impérial soucieux d'uniformité , le communautarisme tout comme l'individualisme sont dépassés.

Tout individu est appelé à devenir une personne transcendante, donc irremplaçable. Il en est de même pour toute civilisation, toute nation. Le chemin en est l'Amour. « Si quelqu'un m'aime, il gardera mes commandements et mon Père l'aimera, nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure en lui. » dit Jésus. Dieu se fait demandeur d'Amour. Aimer Dieu procède d'une grâce stupéfiante et aussi du désir puis de l'acceptation de cet Amour.

Aimer Jésus-Christ, c'est aimer Dieu, c'est ne pas le réduire ,même à un prophète comme les Nestoriens et leurs descendants. Pour eux , il est une créature qui a reçu l'onction divine lors de son baptême dans le Jourdain, un prophète après et avant d'autres. Aimer Jésus c'est aimer en sa Personne, l'union sans confusion de la nature divine et de la nature humaine, c'est Le connaître, Lui, parfaitement Dieu et homme parfait. En cet Amour, le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu, les commandements de Jésus-Christ dans les Évangiles, sont à garder comme la Vierge Marie a laissé mûrir en son cœur, ce qu'elle ne comprenait pas.

Le temps de la vie devient celui d'un mûrissement. On cite souvent le cas de ce prêtre russe lors de la révolution bolchevique anti-chrétienne. En face d'un commissaire chargé de le condamner à mort, il a eu cette prière : « Seigneur, je suis un de tes prêtres depuis 40 ans, j'ai devant moi, mon ennemi, donne-moi de l'aimer selon ton commandement alors que j'en suis incapable . » Soudain il s'est senti envahi d'amour pour cet homme qui, stupéfait, s'est écrié : « Va-t-en ! ». Il s'agit bien de garder les commandements des Évangiles dans toute leur force et dans leur mystère, ainsi « laissez les morts ensevelir les morts » ou « tendez la joue gauche » ou « réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse quand on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de Moi. »...Cette garde des commandements dans le cœur ,est le retour à la source de la vie après les diverses errances.

L'amour du Père est demandé dans le repentir. Il se donne sans s'imposer, sans peser. La personne révélée à elle-même, librement s'ouvre et permet à la Divine Trinité de devenir l'invitée de son cœur disponible. Ce parcours rendu possible en Jésus-Christ jusqu'à ressentir peut-être comme l'apôtre Paul « ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi », montre à quel point l'homme est appelé à être le vivant, à jamais libéré de la mort.

Jésus-Christ est le nouvel Adam : il donne naissance à l'homme nouveau qui n'est prisonnier ni de l'individualisme ni de quelque communautarisme ni du seul souci d'ordre et d'efficacité de l'esprit impérial. La personne retrouvée et ses œuvres seront transfigurés tout comme sont appelés à être transfigurées les civilisations dans leur belle diversité et dans l'unité de la race humaine retrouvant la vie.

La Jérusalem céleste est en devenir dès cette vie terrestre. Que le feu de l'Esprit-Saint devienne la lumière intérieure éclairant et magnifiant le mystère de chaque personne et de chaque nation dont aucune n'est méprisée par le Fils, le Père et l'Esprit-Saint, un seul Dieu, ami de l'homme,

Père Bernard

14.05.2015 - ASCENSION

Ascension 2015. Ascension.

Montpellier le 14 mai 2015.

Saint Pacôme

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,
bien aimés,

Les disciples qui ont tout laissé pour suivre Jésus, n'ont pas cru au témoignage des femmes et des hommes qui affirment L'avoir vu, ressuscité. Jésus, venant toutes portes closes quand ils sont réunis, leur reproche cette incrédulité.

Elle provient, affirme-t-Il, de leur « cœur endurci ». C'est que l'homme endurcit son cœur quand il oriente son intelligence exclusivement vers le visible et le sensible. Le cœur ainsi tourné vers le seulement terrestre, devient un cœur de terre. Au lieu de s'ouvrir à la Révélation, il devient dur comme une argile au soleil de l'inattendu et de l'épreuve.

Et cette incrédulité de disciples qui pourtant avaient tout laissé pour suivre Jésus, l'homme d'aujourd'hui, après deux mille ans d'Histoire, la subit encore quand il ne veut pas voir le mystère de l’Église toujours vivante à partir de la Résurrection. Il en est encore à endurcir et pétrifier son cœur quand il ne réalise pas que dans l’Église, sont chassés les démons par les prières de l'exorcisme et par les sacrements ou quand il n'entend pas que toute langue est devenue nouvelle quand elle exprime le Mystère dans une liturgie juste qui en a fait une langue baptisée et sacrée.

L'homme continue à endurcir son cœur au lieu de le laisser devenir « un cœur de chair », quand il ne voit pas que l’Église a saisi les ruses de l'Ennemi de la création sans en être anéantie et quand il n'entend pas qu'au cours de l'Histoire, elle a bu le breuvage mortel que sont les inquisitions, les abus de pouvoir, les guerres de religion, les tortures, les croisades, les calomnies et les mensonges et qu'elle en a réchappé. De même il ne réalise pas qu'elle est demeurée vivante et capable selon la foi qui garantit la liberté de l'homme, de guérir des maladies par l'onction et la prière ensemble.

Le cœur de l'homme cesse d'être endurci quand l'intelligence s'oriente vers le contemplation de l'Inconnu, du Mystère. Le désir de plénitude en lui, est désir de la présence du Créateur inaccessible et qui Se donne, de sorte que l'expérience de cette présence est proposée sur Terre.

L'homme est destiné à être déifié et le meilleur de son œuvre à être transfiguré. Il est appelé à s'élever, s'il le désire vraiment de degré en degré selon les temps de sa vie terrestre, et à en être stupéfait, comme le sont les Anges quand ils exultent de voir le visible et le sensible en Jésus-Christ, trouver leur place à la droite de Dieu. Tout idéalisme est dépassé : le prodigieux programme se réalise.

La plénitude de la Révélation se vit dans l'Ascension et s'accomplit à la Pentecôte. La matière, le corps, le visible, le sensible sont vivants, appelés à la transfiguration à l’œuvre dans le temps. Puissent les intelligences et les cœurs endurcis se convertir à ce prodigieux destin. Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit, Dieu Un, donne la surabondante grâce de désirer vivre ce programme dès aujourd'hui.

Père Bernard

16.11.2014 - LES DEUX AVÈNEMENTS

1er Dimanche de l'Avent. Les deux avènements

Is. 19. 1,3 Ja. 5; 7, 11 Mt. 24. 3 , 14. Montpellier le 16 novembre 2014.

Saint Eucher, évêque de Lyon au 5° siècle

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,
bien aimés,

Nous commençons la nouvelle année liturgique. Bonne année donc! Nous sommes invités à nous préparer à ce que naisse dans notre esprit, le Fils de Dieu. 

Le but de l'Avent est là : désirer, appeler, accueillir et nourrir de notre foi devenue lumière intérieure, Jésus-Christ. Monseigneur Irénée Winnaert en a précisé le travail dans un opuscule « Préparer sa venue » édité par notre Eglise. Il y est précisé que la première étape en est le discernement, la seconde la garde des pensées, et la troisième, l'Amour.

L'effort de discernement consiste à ne pas se vouloir seulement croyant mais à s'orienter vers la lucidité. Ainsi l'apôtre nous invite quand l'épreuve est là, àdésirer la patience de Job. Il est dépouillé de toute sa fortune, il perd ses enfants et enfin sa santé. Ses anciens amis veulent l'obliger à reconnaître que s'il souffre ainsi c'est qu'il est mauvais car enseignent-ils, Dieu comble de biens les justes et dépouille les mauvais. Job au contraire, à partir de sa conscience , refuse absolument de se juger coupable et demande des comptes à Dieu. Il garde la foi en Dieu , et devient un modèle de patience. Sa prière est « réponds-moi » . Et Dieu lui répond au sujet de la prétendue injustice de la création qui fait que les mauvais peuvent triompher comme les bêtes les plus féroces et que les justes peuvent être dépouillés et tués.

Dieu dit que Job a bien parlé de Lui et que ses amis en ont mal parlé. Dieu convainc Job d'une justice de Dieu où la loi de tendresse permet la vie. Job reconnaît qu'il a besoin de regarder autrement quand il bénéficie de cette grâce inattendue qui lui fait dire « de mes yeux, je T'ai vu ».

Il s'agit des yeux de l'esprit qui ,dessillés puis baignés dans la lumière, voient les raisons d'être de toutes les créatures dans un devenir où la vie triomphe . L'épreuve si elle est acceptée , est une expérience de la mort-résurrection dans la patience qui vient de la foi.

Lorsque tout va mal pour soi-même , pour la Terre ou pour les chrétiens du monde, comme en ce moment où on les ignore ou les tue, c'est l'agonie de la mort qui est en cours : le bouleversement de tout ce qui paraissait vivant et comme immuable.Tout s'éparpille : les valeurs et les nations et les individus, dispersés comme des grains de sable sur une plage. Ainsi ce qu'annonçait Isaïe le Prophète est entrain de se réaliser d'année en année.

« L'Egypte » dont il est question représente les civilisations et comment ne pas y reconnaître la nôtre quand il est dit : « L'esprit de l'Egypte disparaîtra du milieu d'elle » et « on consultera les nécromanciens et les enchanteurs, ceux qui évoquent les morts et ceux qui prédisent l'avenir. » . Il devient nécessaire de discerner ce qui est la voie de la vie et d'éviter ceux qui prétendent voir et faire parler les morts ou voir l'avenir, car nul ne distingue ,sinon le Père, la fin d'une civilisation de la fin des temps. Que le Père, le Fils et le Saint-Esprit nous donne la paix du discernement à la lumière de la foi véritable afin que Noël soit l'engendrement personnel du Fils de l'Homme.

Père Bernard

09.02.2014 - L'IVRAIE ET LE BON GRAIN

L'IVRAIE ET LE BON GRAIN

4° dimanche après la Théophanie . Montpellier le 9 février 2014 . Saint Mair.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, bien aimés,

Le prophète Joël nous invite à entendre en cet Évangile, l'histoire de l'humanité et même de la création visible jusqu'à la fin des temps. Ni les anges ni les hommes ne pourront éradiquer « l'ivraie » avant le retour du Christ en gloire. Et de même qu' « il y aura toujours des pauvres parmi vous » comme l'a souligné Jésus à ses disciples, il y aura toujours des méchants, des violents, du mal parmi les hommes. Dieu n'intervient pas pour le détruire afin de ne rien endommager du bien en son devenir.

Dieu laisse à la création son autonomie. Il ne lui impose pas sa Volonté. Il la propose comme on propose l'amour à qui l'on aime.

Dieu n'a pas créé le mal. Le mal n'a pas d'être. Il est le fruit d'une volonté pervertie, celle de «  l'ange de Lumière », Lucifer, devenu jaloux de l'homme dont il a vu le prodigieux destin.  « L'ennemi » c'est lui et « l'ivraie » sont des hommes qui se sont livrés à sa volonté d'accusation, de domination, de destruction et de sang versé. Ils font ce qu'il ne peut pas faire : ils agissent à partir des diverses formes de sa volonté pervertie. Cette volonté de l'ennemi de la vie peut germer dans le cœur de l'homme ignorant ou négligeant.

Si Dieu a créé une volonté qui peut s'opposer à Lui, c'est qu' Il ne se réduit pas à sa toute puissance. Il ne saurait baser sa création sur la loi du plus fort. Et s’il donne son autonomie à la créature c'est  que, dans la liberté seule, elle devient capable de répondre à son amour. C'est ainsi que l'homme est appelé à devenir le roi et le prêtre de la création toute entière dans l'Amour.

La nature humaine libérée par le Christ, de l'emprise de cette volonté pervertie dont elle s'était faite esclave, est proposée à l'humanité. A chacun et à chaque nation de l'accepter ou de le refuser. «   L'ivraie » est ce refus, la chute dans les illusions et les prétentions des créatures qui oublient Dieu, se révoltent contre Lui , en font une idole à leur image de créature assoiffée de pouvoir et de sang versé, ou font tout pour le nier. Et l'histoire tragique de la création perdure.

L’Église propose à ce sujet, l'enseignement de l'Apôtre Paul. Il s'agit de rester fidèles quelles que soient les épreuves. Comment ? Le conseil est simple : quoi que vous fassiez, faites-le consciemment au Nom de Jésus-Christ. Que se passe-t-il alors ? Ce n'est plus l’œuvre qui compte, même la meilleure, ni l'ennui d'une corvée... L'esprit est libre. Il s'ouvre à la victoire du royaume de Dieu.

Vous savez que l'esprit de l'homme est comme un océan de calme, de mise au large. S'il s'ouvre, il peut se nourrir de la Parole de Dieu, la seule nourriture qui lui convienne et lui permette même à 80 ou 100 ans, de grandir encore.  Cette croissance n'aura pas de fin car elle oriente vers l'amour de Dieu dont l'intimité n'en finira pas de combler.

Là est le sens de l'Histoire de la création. Elle n'est pas un chemin de facilité ni une installation définitive. «  Je dors mais mon cœur veille » dit la bien-aimée dans le Cantique des cantiques. La suite du poème montre que c'est une tentation : la présence du Bien-Aimé, Dieu, est alors perdue.

Spirituellement, il est en effet nécessaire de ne plus dormir . Le cœur ne saurait veiller. Le croire est un sentimentalisme dangereux. C'est à l'esprit de veiller pour que le cœur ne se contente pas d'avoir aimé Dieu, oubliant que son Amour n'aboutit  pas à une béatitude définitive. Aimer Dieu c'est L'aimer en Personne ,ce n'est pas désirer  se fondre dans le divin, ce n'est pas non plus aimer l'Amour. «  Va vers toi » dit le bien-aimé, Dieu, à la bien aimée, l'humanité en devenir . ( dans le « Cantique des cantiques »).

L'Histoire humaine a un sens. Le Christ peut sembler dormir dans la barque de l'Histoire ballottée par les événements, En fait, Il est présent jusqu'à la fin des temps. Par Lui, la personne révélée à elle-même, bénéficie de la lumière de l'Esprit-Saint autant qu'elle peut la recevoir.

La personne est l'individu tourné vers Dieu et vers les autres dans l'Amour ; elle est aussi la communauté humaine, la nation libérée de toute idolâtrie par la traversée des épreuves dans la foi retrouvée. « Allez enseigner les nations et baptisez-les » dit l’évangile C'est dans ce sens qu'il est bon de voir dans les gouvernants quels qu'ils soient, les « serviteurs de Dieu ». S'ils sont mauvais, d'une part ils sont le fruit de l'Histoire du groupe et d'autre part ils deviennent l'épreuve qui révèle les illusions et les erreurs communes.

Aussi est-il bon de distinguer l'ivraie du bon grain dans la vie personnelle et dans l'Histoire.

Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit, Dieu un, nous donne la grâce de désirer cette double lucidité, dans la patience, l'humilité et la confiance en son Amour.

        

Père Bernard

14.10.2012 - LA FOI

20° dimanche après la Pentecôte. La Foi.

Sg. 16.10,13 Eph. 5. 15, 21 Jn. 4. 46,53. Montpellier le 14 octobre 2012.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,
bien aimés,

« ne vous contentez pas de rechercher prodiges et miracles nous enseigne Jésus, l'essentiel est la foi. » non pas en un démiurge puissant mais en Lui, Jésus-Christ, Dieu et homme.

Le livre de la Sagesse enseigne que le peuple élu a déjà connu cette invitation : il suffisait de se tourner vers le serpent d'airain dressé dans le camp, pour être guéri. Ce serpent d'airain préfigurait la Croix vers quoi le regard doit se tourner pour passer de la mort à la vie. Le péché est l'oubli de Dieu.

C'est le regard détourné de Dieu qui expulse du royaume et livre à la mort. Si l'homme se convertit, il tourne son regard vers la Parole de Dieu Jésus, et il est guéri de cet oubli et de la condition mortelle. Là est vécue la foi : elle n'est pas une croyance venue du milieu mais une évidence .

Elle est lumière: Dieu s'est fait homme pour que l'homme ne se contente plus de l'humain mais aspire au divino-humain à quoi il est destiné . Le regard tourné vers le Verbe de Dieu, l'homme est à nouveau le vivant. - Le mort est celui qui se résigne à la condition mortelle. Jésus-Christ a enseigné à ses disciples : « celui qui mange ma chair et boit mon sang ne verra pas la mort ».

Tous sont partis sauf les apôtres « Où irions-nous ? Ont-ils dit, Tu as les paroles de la vie éternelle. » Telle est la foi. Et le premier martyr Etienne l'a expérimenté quand lapidé, il s'écrie « Je vois le ciel ouvert et le Fils de l'homme... »ce qui a redoublé la rage des lapideurs.

Mais lui, ne voyait pas la mort. Aujourd'hui nous voilà invités, comme à chaque divine liturgie, à ce regard justement orienté. Il permet de percevoir le miracle invisible et incompréhensible : par la puissance du Saint-Esprit, notre offrande, le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang du Christ, la nourriture et le breuvage de la vie éternelle. Ils libèrent de l'oubli du prodigieux destin de l'homme et du fardeau de la mort.

Ce miracle discret n'a rien d'une magie. Prêtres, évêques, papes sont des hommes sans plus. L'invocation de l'Esprit-Saint est un appel au miracle. C'est l'Esprit-Saint qui agit selon la foi. C'est vrai pour tous les sacrements, miracles eux aussi, de la pénitence, de la guérison ...Les plus voyants ne sont pas les plus importants. Le croire serait en rester au domaine du pouvoir.Se contenter de l'humain serait un rétrécissement car le miracle des miracles, la réalité spirituelle du Corps et du Sang du Christ propose la déification et le chemin vers la transfiguration de la création visible.

Aujourd'hui plus qu'un autre dimanche nous sommes appelés à désirer et à vivre consciemment selon la foi et la grâce, ce Mystère de la Communion. Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit, Dieu un augmente en nous la foi et le désir de l'intime alliance où devenir des dieux.

Père Bernard

15.08.2012 - ASSOMPTION

Assomption.

Ap. 12.1,18 Lc. 1. 41,55. Montpellier le 15 août 2012.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


« Quelle est celle-ci qui sort du désert, appuyé sur son bien-aimé ? » La tradition vivante y voit la Vierge Marie. Le désert est le retrait de Dieu, l'absence de Dieu.


Il s'est retiré pour laisser place à la création qu'Il a voulue autonome. Par son « oui » à l'Ange lors de l'Annonciation, Marie répond à l 'amour de Dieu. Il devient son bien-aimé. Et elle s'appuie sur Lui.


Elle quitte ainsi le désert de la suffisance et du manque. Elle connaît l'Alliance intime de la création visible et du Créateur. Le désert est aussi la condition mortelle de la créature quand elle a oublié Dieu en l'homme : il en avait la charge mais il s'est livré à l'orgueil suivant la volonté de l'ange de révolte.


Marie la Vierge féconde et purifiée par son « oui », a connu la mort mais aujourd'hui, en son assomption, son corps lui-même n'est pas retenu par la mort. Corps ressuscité, elle monte et traverse les cercles angéliques, dans la ressemblance avec son Fils et Seigneur Jésus-Christ. Marie la Vierge est sortie des deux aspects du désert.


Après elle, « celle qui sort du désert appuyé sur son bien-aimé » est l'Eglise, c'est-à-dire l'humanité en devenir dans le « oui » à l'Amour. Mais le désert, retrait de Dieu puis refus de Dieu n'est pas inerte. Les volontés des anges pervertis s'acharnent à y maintenir l'homme ; ils ont contribué à la mort du Messie et tentent d'engloutir Dieu devenant homme, comme l'exprime en dehors de toute préoccupation du temps chronologique, l'Apocalypse de Jean.


C'est que Dieu non seulement prie l'homme de répondre à son Amour mais encore il magnifie la création en lui demandant de L'engendrer. Ce prodigieux destin est réalisé en Marie la Vierge, Mère de Dieu jusqu'en son corps. Il est à vivre dans l'esprit de chaque saint, à son exemple, à son imitation selon son aide maternelle et la grâce de l'Esprit-Saint.


Les temps seront accomplis quand le Fils de Dieu, l'unique engendré du Père, aura été librement, personnellement et virginalement engendré. Ce sera le retour de Jésus en « gloire avce tous ses saints » comme l'annoncent les Ecritures. Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit, Dieu un, nous donne le désir, le goût et la grâce de ne rien rétrécir du vivant à la suite de « celle qui sort du désert », afin que les temps s'accomplissent.


Père Bernard

29.07.2012 - LA RUINE DE JÉRUSALEM

9°dimanche après la Pentecôte. La ruine de Jérusalem.

Jr. 22. 5,9 1 Co. 10. 6,13 Lc. 19. 41,47a. Montpellier le 29 juillet 2012.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


L’Église nous met en face de la ruine de Jérusalem qui allait survenir quelques décennies après la résurrection de Jésus-Christ. Cette prophétie est à contempler car elle nous concerne. Comme l'a annoncé Jésus-Christ à la samaritaine, nous adorons en esprit et en vérité et non plus à Jérusalem, ni à Rome ni à Constantinople ni à Moscou ni à New-York...


La Jérusalem céleste est en devenir, elle est le Royaume de Dieu. Il n'est ni ici ni là; il est dans le cœur de ceux qui ont été appelés et qui ont répondu oui à cet appel. Cette Jérusalem intérieure en devenir est en danger d'être détruite comme la Jérusalem terrestre au 1° siècle. « Restez debout » dit l'apôtre Paul afin d'éviter la chute toujours possible.


Qui sont dès lors « les marchands du temple ». Ils sont les « ennemis » intérieurs du temple de la Sainte Trinité qu'est l'esprit de l'homme révélé à lui-même. Il est en danger d'être assailli, envahi, détruit comme vient de nous l'enseigner l'apôtre Paul. Le premier ennemi est l'idolâtrie du « veau d'or » : les richesses prennent toute la place et à leur suite, les divertissements.


Les soucis du sens de la vie et de la vérité s'amenuisent jusqu'à disparaître. Il s'agirait de se laisser fasciner par la diversité des passe-temps. La seconde idolâtrie est celle des plaisirs quand ils veulent suffire, quand ils prennent toute la place. L'homme se réduit à l'état d'objet de plaisir, jusqu'à la déception, la décrépitude et la mort. - les plaisirs sont légitimes quand ils restent à leur juste place qui est seconde. 


L'idolâtrie de l'humain est le troisième danger, plus insidieux, plus nocif. L'ennemi est la volonté d'en rester à la condition mortelle . Il est mépris de ce qu'a été la manne pour le peuple élu et qui est la communion au Corps et au Sang du Christ, seule nourriture et seul breuvage de la vie éternelle.


Par ce mépris, l'homme devient une prison pour lui-même. Le quatrième marchand et geôlier du temple intérieur est la volonté d'avoir raison contre Dieu. On se met à lui reprocher les épreuves,les maladies, la mort, les guerres qui sont l'héritage de la volonté humaine pervertie.


C'est elle qui va jusqu'à reprocher à Dieu le destin personnel ou celui de l'humanité quand elle fait mine d'ignorer l'autonomie qui lui a été donnée. C'est dans l'efficacité moderne qu'il prétendait trouver dans l'athéisme et selon la loi du plus fort, que le génocide du peuple élu a été entrepris au milieu du 20° siècle par des hommes.


Et les deux guerres mondiales ont été œuvre humaine. Quand l'homme devient lucide en face de ces quatre dangers, il commence à pouvoir entendre Jésus-Christ. Mais il y a encore un autre ennemi qui peut expulser la Jérusalem intérieure. C'est l'équivalent de la révolte contre Moïse et Aaron, choisis par Dieu pour guider l'homme vers la Loi qui va révéler l'hypocrisie , c'est-à-dire l'insuffisance humaine. « Pourquoi Moïse, pourquoi Aaron , et pourquoi pas moi ! » dit l'individualisme moderne, cette nouvelle idole.


La rancœur, l'envie, la jalousie en sont les fruits. Le royaume de Dieu qu'on prétend servir est en fait expulsé. Pour demeurer dans la vraie liberté, cette grâce, il est nécessaire de ne pas interrompre le combat intérieur contre ses propres « marchands du temple ».


Ils sont ces « ennemis » que les psaumes demandent à Dieu d'anéantir. Ce sont des volontés perverses dont l'homme cesse d'être victime et complice dès qu'il les reconnaît et demande à Dieu la grâce de l'en libérer.


C'est alors que le royaume de Dieu devient viable et peut donner ses fruits : l'amour de Dieu, l'amour de l'autre et de soi-même quand le nom personnel et unique commence à se faire entendre, grâce intime dans le silence de la vie intérieure.


Que Dieu nous donne ce bouquet de grâces.


Père Bernard

15.07.2012 - LES BONS ET LES MAUVAIS FRUITS

7° dimanche après la Pentecôte. Les bons et les mauvais fruits.

Si.24. 9,17 Ro. 6. 15,23 Mt. 7.15,21. Montpellier le 15 juillet 2012.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,
bien aimés,

La lucidité et la vigilance sont devenus possibles 7 semaines après le feu du Saint-Esprit reçu personnellement selon la foi et la grâce. Les faux prophètes, ces « loups voraces déguisés en agneaux » peuvent être dévoilés.

A l'évidence, dans le monde, ils sont ceux qui tentent les hommes en recherche du sens et les poussent au fanatisme. Mais le danger pour les baptisés est plus insidieux :« le loup vorace » est l'ennemi intérieur.

Sous le masque de la piété, il peut avoir dévoré la révélation et en avoir engraissé puis aveuglé l'âme. L'homme nouveau nous enseigne l'Ecriture est comme une fleur sur l'arbre de vie qu'est la Croix. Cette fleur est libre d'accepter ou de refuser la sève dont la source est le Père.

L'homme à chaque instant peut refuser d'aller à Dieu, reprenant alors l'illusion d'Eve et d'Adam. Ils ont voulu devenir des dieux par leurs propres forces et de vivants en devenir dans l'Amour, ils sont devenus mortels dans leur orgueil. Selon le « non » ou le « oui » à l 'appel de Dieu amoureux, l'homme branché sur l'arbre de vie par le baptême s'use puis s'étiole ou s'épanouit et grandit.

Dans le premier cas, l'oeuvre de l'homme deviendra comme un arbre désséché et dans le second, comme un arbre fécond dont les fruits seront la paix, la joie et l'amour sans déclin. Particulièrement aujourd'hui, l'homme conscient d'être vivant est invité à se détourner de tout ce qui va vers la mort et à se convertir à la justice.

Elle est la juste place du corps, de l'âme, de l'esprit, et de chaque créature. L'homme libéré est invité au combat intérieur qui va permettre de ne plus sombrer dans des prétentions ténébreuses. Sa prière peut devenir celle de Saint Syméon le Nouveau Théologien : « Viens lumière véritable,

Viens vie éternelle, ….dresse en moi ta tente, fais ta maison  demeure continuellement, inséparablement, jusqu'au bout en moi.... afin que mes ennemis survenant, eux qui toujours cherchent à dévorer mon âme, Te trouvent, demeurant en moi et qu'ils prennent la fuite, en déroute, impuissants contre moi en te voyant Toi plus puissant que tout...... »

( « Invocation à l'Esprit-Saint » dans « Hymnes I » et dans la liturgie de Pentecôte )

Que l'Esprit-Saint se fasse désir en l'homme afin qu'il connaisse la vraie liberté, de Toi Père et en Jésus Christ .

Trinité Sainte gloire à Toi aux siècles des siècles Père Bernard 

Père Bernard

10.06.2012 - LA BANQUET EUCHARISTIQUE

La Banquet Eucharistique.

Montpellier le 10 juin 2012.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,
bien aimés,

Aujourd'hui nous sommes rappelés au banquet eucharistique. Isaïe le prophète annonce que les noces de la création visible et sensible avec le Créateur seront accomplies à la fin des temps. Et les appelés sont invités en chaque divine liturgie, à vivre les prémices de cette alliance.

Le corps et le sang du Christ, réalités spirituelles pour l'esprit créé révélé à lui-même, sont la nourriture et le breuvage de la vie éternelle. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, ne verra pas la mort. » a proclamé Jésus. C'est alors que tous les disciples l'ont quitté sauf les apôtres : « Tu es le Christ, Fils du Dieu vivant »ont-ils reconnu.

Aujourd'hui dans l'isolement de notre Église, ne sommes-nous pas comme ces apôtres entourés par un monde qui pousse à refuser d'aller à Dieu ? L'homme donne la première place aux richesses, aux pouvoirs et aux plaisirs. Or même prodigieux, ils sont voués à l'usure et à la mort..

L'apôtre Jean invite les baptisés à accepter d'être haïs par le monde et à ne l'imiter en rien, car ce serait oublier, rétrécir, affadir le prodigieux destin proposé par Dieu. La divine liturgie fidèle à la tradition vivante permet de devenir personnellement et ensemble, Dieu par alliance.

L'esprit créé vit, quand il est déifié : Le corps ne suffit pas, l'intelligence ne suffit pas, le psychisme qu'on peut appeler l'âme, ne suffit pas. Par contre l'esprit créé déifié grandit et chacun de ces jours devient neuf selon la lumière reçue, jusqu'à la sainteté dans cette vie sur terre ou à la fin des temps.

L'esprit vivifié ne connaît plus l'usure. Les yeux de l'esprit voient et les oreilles de l'esprit entendent. Le monde hait ce regard et cette écoute qui révèlent les ténèbres de sa résignation à la condition mortelle et de sa soumission aux multiples et changeantes idolâtries.

Elles ne font que cultiver ses illusions. « Vous êtes des dieux » dit le psaume. « Devenez en Jésus-Christ et par l'Esprit-Saint des dieux » propose l’Église. C'est ainsi que vous vivrez dans l'amour gratuit, fondement de la création encourage l'apôtre Jean. L'obstacle surtout en France, précise notre Évêque Germain est essentiellement la jalousie.

L'homme ne devient pas dieu par magie mais par une conversion dans la vigilance , à l'amour de l'Autre et de tout autre. Au contraire envier l'autre, le talent d'un autre, le don reçu par un autre, condamne à ignorer sa juste place de vivant, immobilise en la rancœur. Elle est allée jusqu'au crime du frère en Caïn.

Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit nous accorde le désir et la grâce de nous réjouir des dons reçus par tout autre afin de communier au Corps et au Sang du Christ pour la vie et non pour la stagnation dans une prétendue piété.

Père Bernard

01.04.2012 - DIMANCHE DES RÂMEAUX

Dimanche des Râmeaux.

Gn.49,2 et 49. 8,12 Mt.21. 1,9 1 Tm. 6. 12,16 Jn. 12. 12,50. Montpellier le 1 avril 2012.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,
bien aimés,

Aujourd'hui, l'homme a reconnu que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes du peuple élu. C'est une révélation vertigineuse que l'Eglise invite à entendre en la Semaine Sainte.

Déjà, en ce dimanche des Rameaux, les lectures sont d'une richesse prodigieuse. Abordons un point précis : Jésus affirme : « Celui qui aime son âme la perdra et celui qui hait son âme en ce monde, gagnera la vie éternelle » et plus loin, il constate « mon âme est troublée ». Il ne dit pas « je suis troublé ». Qu'est-ce que l'âme ? c'est le psychisme et, en Jésus, il n'a pas pris toute la place. « Celui qui aime son âme » en reste exclusivement aux relations qu'il établit avec tout ce qui vit, avec le monde et avec Dieu.

Cet homme est devenu prisonnier de son âme et il épuise la vie jusqu'à la mort car il s'enferme en sa propre histoire. Au lieu de s'ouvrir à la Lumière, il est devenu ténèbres et va vers ses ténèbres. « Celui qui hait son âme », l'expression est violente, est celui qui refuse avec force en lui, la toute puissance que l'homme est tenté d'accorder à ses ténèbres personnels. « Mon âme, tais-toi » disent les Pères de l'Eglise.

Ils invitent à l'écoute de la Parole, seule nourriture de l'esprit créé. Il la désire, il la reçoit, il grandit puis il donne à l'âme le calme où elle trouvera sa juste place en ce monde ou à la fin des temps. Faire taire l'âme est très difficile. Et l'homme ne sauve pas l'homme mais le Père fait rencontrer à l'homme Jésus-Christ,ainsi a-t-Il révélé à l'apôtre Pierre : « Tu es le Christ, Fils du Dieu vivant ».

L'appel est personnel. Il y a des niveaux. Il s'agit de rester vigilant pour que la lumière reçue ne soit plus submergée par l'âme, quelles que soient les héritages, l'ambiance, les épreuves. « Tenir le pas gagné » disait ce mystique à l'état sauvege, le poète Rimbaud.

Mais la volonté ne suffit pas, les bonnes intentions assombrissent. La lucidité est impossible. Que le frère enseigne le frère. Mais le regard juste est une grâce. Elle ne s'impose pas. Le désir de la lumière ouvre l'esprit. Quand il voit ses ténèbres, il commence à revivre. Tout passe par la mort de quelque chose. Tout aboutit à une résurrection personnelle.

Et en cette semaine sainte, il est demandé aux baptisés d'accompagner Jésus-Christ qui librement se livre à la mort, pour peu à peu livrer à la mort tous leurs ténèbres. Les saints sont des hommes qui voient leurs ténèbres. Le temps est donné à chacun pour que ses ténèbres se dévoilent puis s'amenuisent. A la fin des temps, les hommes en serons débarrassés, s'ils le veulent bien. Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit nous donne le désir de la vraie liberté.

Père Bernard

29.02.2012 - LA TEMPÊTE APAISÉE

3° dimanche après la Théophanie. La tempête apaisée.

Is. 62. 6,9 Ro. 13. 8,10 Mt. 8. 23,27. Montpellier le 29 janvier 2012.

Saint Sulpice Sévère


Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Aujourd'hui comme hier, le monde et les hommes connaissent la tempête. Jésus dort. Et il dit aux chrétiens : « vous manquez de foi » puis il apaise la violence. Jésus est présent jusqu'à la fin des temps, et absent pour laisser place à l'homme.


L'Evangile d'aujourd'hui peut éclairer celui du mercredi saint qui est le programme de toute notre année ensemble. (Lc. 22. 34,37 ). Jésus y annonce à Pierre qu'il le reniera or le triple reniement de Pierre n'est pas seulement un fait de l'histoire il y a quelque deux mille ans, c'est le triple reniement de l'homme . Il consiste à tuer les corps : l'Eglise s'y est décidé après mille ans, au Nom de Dieu fait homme, ce qui est un comble.


Il consiste ensuite à interdire la vie au nom du savoir; c'est l'esprit d'inquisition dont les fruits ont été la torture, les bûchers puis tous les poisons au plus intime, de tous les puritanismes pour devenir les diverses conspirations du silence qui visent à l'anéantissement d'un prophète, d'une civilisation ou d'une Eglise.


Il consiste aussi à oublier l'esprit créé et l'invitation à son alliance avec l'esprit incréé , attitude qui a été une confiscation de l'Esprit-Saint par le clergé et la réduction de la vie de l'Eglise au social et au politique : l'amélioration de l'humanisme suffirait à l'homme. Or « Je suis la Vérité » dit Jésus. La Vérité est Dieu fait homme. Elle propose à l'homme la divino-humanité.


Après qu'il eût annoncé ce triple reniement qui tente l'homme, Jésus invite à ne pas tout attendre de la grâce, de la providence divine, à ne pas s'installer, même dans la joie de la plénitude désirée, reçue, accueillie.


A ce sujet, un très grand saint , Syméon le Nouveau Théologien, après l'expérience ineffable de la lumière incréée, plusieurs fois dans sa vie, se plaint de n'être plus illuminé par la Présence de Jésus-Christ. Jésus dort pour lui. Et que Lui répond-il ? Il lui rappelle qu'il a été comme un bébé nourri par les sacrements, qu'il est devenu adolescent par la grâce de la rencontre du père spirituel qui lui convenait, qu'ainsi il est un adulte.


Comme il a beaucoup reçu , il lui est demandé de beaucoup donner et de servir. La lecon de notre évangile du mercredi saint et de celui de ce dimanche, sont du même ordre . Ne plus tout attendre de Dieu mais compter aussi sur sa bourse, sa besace et son glaive, est le programme. La bourse contient le trésor personnel : il est tout le feu et toute la force que l'Esprit-Saint a donnés depuis la Pentecôte. Ne pas l'oublier c'est devenir « le sel de la terre » et c'est ainsi refuser d'en être la sirupeuse bonne conscience. 


La besace est la conscience de la déification peu à peu accomplie lors des sacrements et surtout lors de la communion au Corps et au Sang du Christ. Le glaive qu'il est demandé d'acheter après avoir vendu son manteau, est l'arme de la vigilance nécessaire dans le combat intérieur. Le manteau représente le confort de toute suffisance. Le vendre pour combattre c'est refuser de mettre au premier rang l'humanisme, de ne pas en rester au meilleur de l'homme , de s'opposer à tout ce qui le limite à lui-même , car il est appelé à devenir dieu par alliance. Le combat a lieu contre toute installation en dehors de la divino-humanité qui est le sens de la vie de l'homme.


Par ce combat, il participe à la grâce incréée, la croyance devient la foi qu'il cultive , tout rang, toute joie, tout service demeurent ouverture à l'espérance car rien de seulement humain ne lui suffit, et peu à peu le désir de charité devient réalité, amour gratuit de tout ce qui vit . Là est le chemin de la ressemblance à la Tri-unité.


Il est proposé à chaque personne révélée à elle-même et à chaque nation, ethnie, civilisation. « Va vers toi » ne cesse de dire le Bien Aimé, Dieu, à la bien-aimée et Il Iui précise : Je t'en donne la lumière et la force, ne reste plus dans les langes du nourrisson. Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit, Dieu un, nous donne le désir et la force de voir en nous grandir l'homme adulte, créature vivifiée appelée à devenir vivifiante.


Père Bernard

19.02.2012 - QUINQUAGÉSIME

Quinquagésime.

Jr. 8. 18,23 1 CO. 13. 1,13 Lc. 18. 31,43. Montpellier le 19 février 2012.

Saint Leu, évêque de Châlons-sur-Saône

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,
bien aimés,

Dieu demande à Abraham d'aller sacrifier son fils unique, alors qu'Il lui a promis une descendance innombrable et que la lignée en ces temps-là, est une forme d'éternité, la seule qui soit vue comme bénédiction concrète.

Dieu demande à Abraham l'ultime sacrifice. Ainsi ressemblera-t-il à Dieu qui par Amour, se donne. Dieu se retire pour laisser place à la création puis Il se donne pour qu'elle aille vers la plénitude. Dieu transcendant se fait immanent, et la vie peut triompher en sa juste place. L'homme en Abraham ressemble à Dieu. Le fait de se donner ne pèse plus comme un privilège de la toute-puissance.

Abraham permet à Dieu de se donner jusqu'à mourir en Jésus-Christ sans que l'homme en soit écrasé. La charité dont parle si bien et d'expérience, l'apôtre Paul, est ce don pur, parfait, gratuit et qui ne pèse en aucune façon. Si un homme donne même sa vie, pour faire du bien, il ne connaît pas encore la charité et son sacrifice est inutile.

Il y a de quoi être stupéfait et les disciples que Jésus a choisi, qui ont tout quitté et qui le voient et l'écoutent depuis trois ans, lui, le Messie, sont remplis de doute quand Il leur annonce qu'Il va accomplir les Ecritures en se laissant insulter, mépriser, torturer puis tuer avant de ressusciter. Ils sont imprégnés de sa Parole, ils boivent sa Parole, ils l'enracinent dans leur esprit et dans leur coeur depuis trois ans, et ils ne comprennent pas. Quel est cet aveuglement de l'homme?

Il provient de la pensée humaine.

L'homme est un aveugle qui croit voir. Sauf cet aveugle conscient d'être aveugle sur la route de Jéricho. Il est seul bien qu'on essaie de le faire taire, à proclamer la vérité. Il crie : « Fils de David. » Il ne doute pas. Il a reconnu le Messie. Il s'ouvre au miracle.

Il dépasse la pensée seulement humaine . Il voit, comme a vu Abraham dans la foi, quand il a répondu à son fils Isaac qui s'étonnait de ne pas voir l'agneau du sacrifice, « Dieu pourvoira ». Vos pensées vous aveuglent semble dire l'Evangile. « Seigneur, fais que je voie » serait la prière juste, nécessaire. L'aveugle guéri suit le Christ. Là est le chemin.

Dieu se fait chair, se fait tuer pour libérer l'homme du pacte de sang qu'il a conclu avec la volonté perverse qui veut faire croire à l'homme qui'il faut verser le sang pour que la vie progresse. Il faudra la résurrection pour que les 12 apôtres, moins un, le comprennent. Comme l'homme a besoin de la grâce incréée pour ne plus s'enfermer en ses propres pensées!

Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit nous donne le désir de voir !

Père Bernard

24.12.2011 - FÊTE DE NOËL

Fête de Noël de l'an 2011

Montpellier le 24 décembre 2011.


aux clercs et aux fidèles aimés de Dieu de l'Église catholique orthodoxe de France.


Lorsqu'au tournant de l'an nous devenons, avec Marie, « les entrailles » de l'humanité pour recevoir et faire naître à notre race le Fils de Dieu, en ce même temps nos contemporains désignent la fin de l'année du nom de « Fête » ou « les Fêtes ». Ils glissent ainsi curieusement de la relation entre le ciel et la terre au rapport entre la nature et ses habitants comme on le fait, par exemple, à Lyon maintenant. Cette ville substitue à la célébration de la Conception de Marie (le 8 décembre) une « fête des lumières » !


Étrangement, la nature physique est actuellement priée ou sommée de nous procurer ce que les mystères de Dieu dispensaient auparavant, depuis le Christ, aux générations à savoir la paix, la joie peut-être sinon parfois la grâce dont l'ange dit à Marie, à l'Annonciation, qu'elle en est emplie.


Dès octobre maintenant on prépare les fêtes, leur donnant même le nom de Noël et on essaie de les célébrer jusqu'en janvier, espérant que les yeux, les oreilles et le ventre y trouveront admiration et contentement.


Ce transfert ou renouvellement, selon le point de vue, s'établit autour de Noël montrant bien que cette « Naissance », au coeur de la nuit physique, lorsque la ténèbre extérieure est prépondérante, ne cesse de toucher et de troubler les cœurs et les esprits. Inconsciemment émus dans leur esprit - ce silence qui parle - les hommes font de la nature le musée et le témoin du plus grand événement de l'histoire, celui de l'irruption dans le temps et dans l'espace, dans les conditionnements humains, du Dieu même du temps et de l'espace, ce dieu paradoxalement occupé à s'adapter à cette humanité.


Les « fêtes » dévoilent ainsi la nostalgie humaine de la victoire de la lumière sur les ténèbres. Elles découvrent la bienveillance de la nature qui procure aux hommes, à travers des rites extérieurs, le goût du beau, du bien, du vrai et de la charité divine. Ces fêtes transportent ainsi la douceur et l'humanité de Celui qui vient sans obliger et qui anéantit sa divinité jusqu'au sein de la femme pour élever l'homme à la vie sans ombres.


Je vous exhorte comme moi-même à vous exercer et habituer à lire les mystères dans les comportements de nos civilisations - celles qui sont apparues depuis la venue de l'Emmanuel - surtout dans les temps actuels où nous approchons de plus en plus de l'accomplissement des temps qui révélera pleinement ce qu'est l'homme.


À contempler ainsi nos existences, leurs crises, leurs heurs et malheurs à la lumière des mystères - en ce temps-là, la lumière est celle de la Nativité du Fils de la Vierge, Jésus-Christ - nous pourrons discerner en elle la présence et l'action divine jusqu'en nos moindres actes et pensées. Et ceux qui auront purifié leur cœur et leur esprit et en introduisant de cette manière la providence dans leur quotidien viendront spontanément apporter leur offrande au temps de la fête, à Noël, avec les bergers et les mages à Celui qui, étant Dieu, expérimente l'enfance merveilleuse de l'humanité. Ceux-là, ni optimistes ni pessimistes, trouveront et verront au sein de leur vie - quelle qu'elle soit - ce qui fait la paix dans l'histoire personnelle dans l'univers : ils verront le vrai rapport entre l'humain et le divin sans concurrence ni domination de l'un sur l'autre.


Vous tous enfants de l'Église chantez maintenant avec allégresse : « Ta Naissance, ô Christ, notre Dieu, a fait resplendir dans le monde la lumière de l'intelligence » !


+ Votre bénissant,

Evêque Germain de Saint-Denis.

04.12.2011 - MESSAGE DE L'AVENT

4° dimanche de l'Avent. Message de l'Avent

Is. 61 . 1,4 Ro 15 . 4,13 Mt. 11 . 2,10. Montpellier le 4 décembre 2011.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,
bien aimés,

Le message de l'Avent est à entendre dans l'Evangile de ce dimanche : Jésus est le Messie attendu par le peuple élu, il est le seul Messie, le seul Maître, le seul Sauveur pour toute l'humanité.

Et Il invite à la patience jusqu'à la fin des temps. Jésus-Christ a été reconnu par des individus, les baptisés qui se sont approchés du Mystère en communautés, les Eglises.

Mais les nations, les diverses civilisations en leur langue, ne savent pas encore que Jésus est le Verbe de Dieu fait homme pour sauver et déifier l'homme. « Ne soyez pas de ceux pour qui je serai une pierre d'achoppement » est une mise en garde pour le peuple élu , pour les baptisés et pour les nations. La pierre d'achoppement est le judaisme ou l'hellénisme selon l'enseignement des Pères de l'Eglise.

Le judaïsme est la lecture à la lettre de la révélation. Cette lecture conduit aux formalismes qui sont autant de prisons pour l'esprit créé car la piété n'est plus à l'écoute du Mystère mais semble suffire. Le rituel tend à être vécu comme une espèce de magie. 

L'hellénisme est une lecture symbolique. Les sacrements eux-mêmes sont perçus comme des symboles. Le rituel n'a plus de réalité. Il est un discours. L'homme a gommé l'incarnation du Verbe. Ce sont les discours sans fin des spiritualismes d'hier et d'aujourd'hui.

Leur charme peut leur valoir l'écoute des foules car il donne l'illusion de suffire et de magnifier le seul fait d'être là. En une divine liturgie juste,dans l'Eglise, l'homme qui n'a pas trébuché sur ces écueils peut approcher chaque fois davantage de ce mystère de la déification qui lui fait voir dans la lumière, et désirer la transfiguration de la création visible et sensible qui sera accomplie à la fin des temps. Le message de l'Avent est dans cette espérance dont les prémices sont vécus selon la foi, et librement.

Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit nous donne de participer consciemment à cette attente active où se lisent, se désirent et se perçoivent l'Incarnation du Verbe, l'Amour sans ombre et le cheminement vers le retour en gloire du Christ dans la vraie liberté de tous les saints.

Père Bernard

27.11.2011 - L'ÉTÉ ÉTERNEL

3° dimanche de l'Avent. L'été éternel

Is. 18. 1,5 Ro. 13. 11,14 Lc. 21. 25,33. Montpellier le 27 novembre 2011.

Saint Siffrin, évêque de Carpentras . Saint Grégoire le Sinaïte ...

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,
bien aimés,

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, bien aimés de la nouvelle génération qui perdurera jusqu'à la fin des temps, ces jours-ci l'Eglise et Jésus insistent : le jour et l'heure du retour du Christ en gloire sont inconnus , mais quand Il viendra, sa venue sera évidente à tous. Le bouleversement concernera toute la création visible. En attendant, il est bon de ne pas rester dans une confusion mais de distinguer « le soleil de justice » éternel, immuable Jésus-Christ, les « ténèbres » dont nous a entretenu l'apôtre Paul et les soleils avec leurs lunes qui proviennent des pouvoirs confiés à l'homme.

Les sciences sont des soleils et leurs lunes sont des technologies. Les arts aussi sont des soleils dont les lunes sont la décoration, l'artisanat...Les philosophies sont des soleils dont les lunes sont les morales, les éthiques et les idéologies.

En ce moment le soleil des mathématiques éclaire et donne leurs pouvoirs aux financiers et aux fameux « marchés ». Ces soleils, ces lunes, ces lumières ne sont pas mauvais mais ils passeront.

Et quand des hommes en font des absolus, ils sont bientôt submergés par leur propre déluge. En général, on appelle cela, « crise ». De crise en crise, le monde va comme s'il devait se développer infiniment. Non seulement « vous n'êtes pas du monde » comme l'a voulu notre Seigneur Jésus-Christ mais est-il précisé,vous courberez la tête devant toutes ses lumières et ces pouvoirs du mondejusqu'au printemps qui annoncera « l'été éternel ». Nous en vivons les prémices, ainsi nous chanterons bientôt : « nous avons vu la vraie lumière ».

Dans cette attente de l'esprit révélé à lui-même par la foi, « lumière de lumière » , nous voilà invités au désir irremplaçable et personnel de Sa venue . Comme Il a appelé chacun, il nous faut L'appeler, chacun et ensemble : « Viens ! » Ce « Viens » est aussi son nom, le germe accepté de sa présence au coeur et de sa croissance jusqu'à Noël et jusqu'à la résurrection des corps. Ce « viens ! « est le oui intérieur à la suite du « oui » primordial de Marie la Vierge devenue Mère de Dieu.

Cette attitude intérieure est la préparation des « deux avènements », elle contribue à la vraie liberté et au mûrissement des temps dont « l'été éternel » sera le couronnement. Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit , Dieu Un nous donne le goût de sa « grâce incréée ».

Père Bernard

01.11.2011 - FÊTE DE TOUS LES SAINTS

Fête de tous les Saints

Montpellier le 1 novembre 2011.

Saint Bénigne de Smyrne, apôtre de la Bourgogne, martyr

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Aujourd'hui nous sommes invités à contempler le mystère de tous les saintsparce que nous ne les connaissons pas tous : certains sont passés inaperçus alors que d'autres se verront dire par Jésus-Christ « je ne vous connais pas ». A la fin des temps, l'homme verra venir le Christ en gloire avec tous les saints, comme il est écrit .


Il est difficile à l'homme de voir qui est saint. D'ailleurs les Pères de l'Eglise invitent à ne pas juger de la sainteté d'une personne admirable avant qu'elle soit morte car il s'est avéré que parmi les plus zélés ascètes, certains ont sombré dans le pire.


De même, alors que l'Eglise est sainte dans ses sacrements, une Eglise locale peut sombrer et disparaître comme nous le montre l'Histoire.


Aujourd'hui nous sommes invités à communier avec tous les saints du passé, du présent et de l'avenir. Leur sainteté liée à celle de l'Eglise est un réconfort et une joie.


Chaque baptisé conscient bénéficie de la sainteté de tous les saints qui constituent le Corps du Christ en devenir jusqu'à la fin des temps. Chaque personne vivifiée est comme une cellule unique, irremplaçable et libre. Chacun selon la lumière de la foi qu'il accueille et cultive, bénéficie de la sainteté de tous les saints, qu'il les connaisse ou qu'il les ignore. Aujourd'hui il est invité à s'en souvenir.


Dans le temps chronologique de l'évolution, de l'usure et de la condition mortelle, se greffe le temps cyclique de la sainteté. La fête d'un saint est le jour anniversaire de sa naissance au ciel. C'est là qu'il est le plus proche. L'expérience montre que le prier ce jour-là pour qu'il intercède, est efficace. Aujourd'hui tous les saints sont proches.


Le saint a le pouvoir, une fois son corps mort, de se donner. Il n'est pas Dieu mais parvenu à la ressemblance avec Dieu, il se donne. Il est disponible. Il est à l'écoute de tout appel qu'il prend à son compte devant Dieu.


Les fidèles demeurent dans la communion des saints s'ils le veulent, jusqu'à la fin des temps où chaque personne révélée à elle-même, dans la lumière incréée, aura sa juste place dans une parfaite plénitude.


Certains, le 1° novembre, vont fleurir les tombes de leurs proches. Il est dommage d'oublier tous les saints et de n'avoir pas bénéficié de leur proximité avant d'aller prier pour le défunts qui n'ont plus la liberté de le faire.


Pour y préparer , les magnifiques et fortes prières des « Vêpres de tous les défunts » vous sont proposées ce soir à 19 heures. Il est bon de se souvenir que « le jour des morts » est le 2 novembre.


Aujourd'hui, en union avec tous les saints, en cette fête donc de chacun, au moment du baiser de paix, il peut être lumineux, plus que jamais, de prier : « Seigneur, donne-moi la paix que je suis inacapable de gagner par moi-même. »

Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit demeure l'hôte bien aimé.

Père Bernard

09.10.2011 - LES DEUX COMMANDEMENTS

Les deux commandements

Dt. 6. 4,9 Eph. 4. 1,6 Mt. 22. 34,46. Montpellier le 9 octobre 2011.

Saint Denys, premier évêque de Paris, martyr avec ses compagnons Rustique et Eleuthère

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Aujourd'hui « les deux commandements » sont liés au fait que le Messie annoncé est fils de David et fils de Dieu. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta pensée » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » sont « les commandements à quoi sont suspendus toute la Loi et les prophètes ». Ils sont plutôt des invitations pressantes et vitales car chacun sait qu'on ne peut aimer sur commande.


Les pharisiens connaissent bien la révélation, ils sont pieux et ils appliquent les règles de la Loi avec zèle pourtant ils ne savent pas répondre à Jésus car il est impossible à l'homme d'envisager que Dieu puisse se faire homme. S'il le fait c'est pour que devienne possible à la nature humaine, d'aimer l'inaccessible, l'invisible, l'incompréhensible, l'immuable qui est Dieu.


C'est parce que la nature humaine est alliée à la nature divine en la personne de Jésus-Christ sans confusion ni mutation, que l'intimité avec Dieu peut devenir une invitation pressante. L'Eglise aujourd'hui, donne à contempler le mystère des deux natures en Jésus-Christ et à voir en Lui, le seul maître. Il est la Vérité qui éclaire les Ecritures.


Et l'esprit d'autorité joint à l'esprit de non-contradiction qui fondent le monde et la piété du peuple élu sont à remplacer par l'esprit de pénitence, d'humilité et d'écoute du Verbe de Dieu fait homme. Jésus est venu inviter l'homme a changer radicalement de pensée : il ne peut saisir la vérité.


Elle est mystère et le mystère demeure. Ainsi Jésus est Fils de Dieu mais il n'est aucunement fils comme un homme l'est sur terre. L'intelligence est dépassée. Les mots sont dépassés. Ils permettent une approche, la contemplation du mystère qui reste un mystère. L'antinomie acceptée permet cette approche et l'Esprit-Saint permet de dire sans chosifier Dieu « Notre Père ».


Dieu inaccessible se donne en ses énergies incréées précisera Grégoire de Palamas. De sorte qu'il ne s'agit aucunement de se fondre en Dieu . «  Va vers toi » dit le bien-aimé, Jésus-Christ à la bien-aimée qui est l'Eglise, l'humanité sauvée, la création. Aimer Dieu permet d'aimer le prochain et soi-même.


Toutes les forces de l'homme lui permettent de peu à peu se libérer de ses suffisances,de ses sensations,de ses sentiments et de son intelligence, afin de s'ouvrir à la grâce. Aimer Dieu et tout ce qui respire naît de la grâce désirée, accueillie, cultivée. Le chemin est connu. L'Eglise propose les sacrements. La réalisation demande toute une vie afin que chacun devienne la personne transcendante dont le nom sera inscrit dans les cieux.


Il est nécessaire de s'engager afin de devenir le sel de sa propre vie. Que l'Esprit-Saint nous garde en cette voie dont les fruits sont la paix, la joie et l'Amour.


Père Bernard

25.09.2011 - QUATRE-TEMPS D'AUTOMNE

Quatre-temps d'automne - La veuve de Naïm

Lv. 23.26,32 Lv. 23. 39,43 Mi. 7.14,20 Za. 8.14,23 Ga. 5,25. 6,10 Lc. 7.11,16. Montpellier le 25 septembre 2011.

Saint Firmin de Pampelune, 1° évêque d'Amiens


Toutes les lectures de ce jour nous situent dans la lignée du peuple élu à la différence que nous ne sommes plus dans le temps chronologique de l'attente du Messie et qu'il nous faut entendre la révélation non pas à la lettre mais selon l'esprit comme l'a enseigné Jésus ressuscité aux pèlerins d'Emmaüs. 


L'homme nouveau est invité par fidélité à la vie sans la mort, à refuser toute idolâtrie, tout pouvoir sur les autres, toute installation définitive, toute prétention à convertir les autres, car c'est Dieu seul qui convertit, et toute forme de conquête du monde, car c'est de leur propre mouvement que les nations reconnaîtront Jésus Dieu et homme.


Dans l'Evangile, Jésus touche le cercueil ouvert et le fils de la veuve se dresse et parle. Ce seul geste l'a ressuscité . C'est que Jésus est Dieu incarné. Il montre que c'est Lui, Dieu fait homme qui libère l'homme de la condition mortelle. Et il le fait gratuitement, par miséricorde, par amour désintéressé, sans aucune idée de rachat. Il ne se demande pas si la veuve et son jeune fils méritent une telle grâce.


Cette veuve peut être vue comme la création visible et sensible coupée de Dieu par le péché de l'homme. Son fils est l'humanité livrée à la mort, fruit du péché. Jésus le redresse et il retrouve la parole à l'image du Verbe de Dieu. Il est placé dans la plénitude en devenir. La nature humaine devenue à nouveau vivante par l'Incarnation et la Résurrection de Jésus-Christ, invite chaque fidèle à librement se convertir pour bénéficier de la vie sans la mort par la réponse à l'appel de Dieu.


Cette réponse consiste à ne pas se satisfaire des seuls fruits et plaisirs de la terre bien qu'ils soient légitimes.C'est le sens du rite de pénitence des quatre-temps d'automne, saison des fruits et des bénédictions de l'huile et du vin. L'homme ne saurait se contenter de l'humain sans se mutiler car il est destiné à la divino-humanité dont il vit les prémices dans les sacrements.


Il lui est demandé de désirer sa juste place et d'orienter son esprit et son coeur afin d'être déifié et de contribuer par les talents et la grâce reçus de Dieu, à la transfiguration du meilleur de lui-même car tel est le sens de la vie jusqu'à la fin des temps. C'est ainsi que ce jour est celui de « l'expiation » : personnes , civilisations, nations ont à réaliser que rien de ce qu'elles ont de meilleur ne suffit et que ce n'est pas par ses propres forces que l'homme est vainqueur.


Il le devient en recherchant le Juif dont parle le prophète Zaccharie, et qui est Jésus-Christ. Il lui faut lui ressembler en devenant un dans la diversité des personnes à l'image de la Divine Trinité. Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit nous place et nous garde dans le désir et l'amour de la Vérité.


Père Bernard

18.09.2011 - LE LYS DES CHAMPS

14° dimanche après la Pentecôte. Le Lys des Champs

Qo. 3. 1,15 Ga. 5. 16,25 Mt. 6. 24,34. Montpellier le 18 septembre 2011.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Le baptême de Mathilde se colore aujourd'hui de la splendeur du lys et de la liberté des oiseaux dans le ciel. L'Evangile se termine par l'invitation à ne s'installer dans aucun des temps : « à chaque jour suffit sa peine ».


Comme nous y a invités le livre de « la Sagesse », demeurer vivant exige de ne jamais se fixer sur un temps d'épreuve, de réalisation , de destruction ou de joie. Ce sont toujours là, des temps changeants de la vie intérieure . Au travers de ces temps, le but est le Royaume de Dieu, la pérennité, l'éternité en dehors de toute usure et de la tristesse.


Quoi qu'il arrive, « regardez les lys des champs »: Dieu leur donne gratuitement une splendeur inutile. Elle est une beauté éphémère mais elle annonce le destin magnifique de l'homme : il est invité non seulement au meilleur de l'humain mais au divino-humain dans la magnificence de la lumière incréée.


Pour s'ouvrir à cette grâce, il lui faut entamer la lutte intérieure entre la chair et l'esprit d'après l'apôtre Paul. La « chair » dont il parle, est la création visible quand elle veut se suffire; elle ne peut pas donner ce que l'homme attend dans sa soif d'absolu. Il en est de même pour « Mammon », les richesses.


Il y a antagonisme entre le monde et le Royaume de Dieu. Baptisés , il nous faut choisir tout en restant dans le monde, de n'être pas du monde. - Les avatars venus du pouvoir financier, les fameuses crises, montrent bien que « la chair », « Mammon », les richesses sont des sources de perversion.


Et la lutte intérieure nécessaire est celle des individus et des communautés. Cette lutte n'est pas le refus de plaisirs légitimes car la matière n'est pas mauvaise ni méprisable. La lutte entre la « chair » et l'esprit consiste à ne pas faire un absolu de ce qui passe. Et la justice de Dieu est plutôt la justesse : il s'agit de reconnaître la juste place du corps , de l'âme ou psychisme, et de l'esprit. Donner à l'esprit sa place, qui est la première, permet de devenir un vivant .


L'esprit créé dont l'exclusive nourriture est la Parole de Dieu, se découvre, se développe et grandit jusqu'à recevoir cette « nourriture inexprimable et parfaitement gratuite qui sans fin déborde inépuisablement aux lèvres de l'âme et rejaillit à la source du coeur » comme en témoigne saint Syméon à partir de l'expérience de l'Esprit-Saint en personne.


En la divine liturgie, nous sommes en marche ensemble et chacun personnellement, vers le mystère. Invités à communier au Corps et au Sang du Christ, nous allons devenir Dieu autant qu'il est possible . Cette réalité spirituelle fait de l'homme un vivant et le sel de la Terre. C'est son destin de baptisé au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Que Dieu nous en donne le désir, le goût et la force. A Lui la gloire aux siècles des siècles.


Père Bernard

04.09.2011 - LE BON SAMARITAIN

12° dimanche après la Pentecôte. Le bon samaritain

Is. 66.18,24 2 Co. 3.4,9 Lc.. 10. 23,37. Montpellier le 4 septembre 2011.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Aujourd'hui la parabole de Jésus invite à une juste pensée en ce qui concerne la religion. Le bon samaritain selon les Pères de l'Église est Jésus-Christ. Par la religion, il est considéré comme hérétique. Il ne respecte pas toutes les règles de la loi religieuse. 


Les brigands qui dénudent et blessent l'homme mis en danger de mort, sont les volontés perverses des anges déchus, les démons. L'homme est blessé à mort d'avoir allié sa volonté aux volontés démoniaques, en voulant se passer de Dieu. L'homme ainsi n'offense pas Dieu. -Si Dieu se vexait il ne serait pas Dieu. - L'homme dans le péché, qui est l'oubli de Dieu et l'écoute de l'ennemi de Dieu, est tellement blessé et mis à nu qu'il ne peut plus se relever lui-même en dépit de tous ses pouvoirs, religions, philosophies, arts, sciences, technologies...


Le Verbe de Dieu fait homme seul,voit les blessures mortelles du péché et les soigneLe prêtre et le lévite qui passent sans lui porter secours manquent de cœur dit-on. Ils représentent l'aveuglement et l'impuissance de la religion archaïque. Elle pense plaire à Dieu et purifier l'homme en sacrifiant des animaux. Le prêtre y est le sacrificateur. Et une fois « peuple élu », l'homme pense devenir juste par l'observation de la Loi. Le lévite y est le guide et le savant.


Les religions d'avant Jésus-Christ ne voient même pas que les blessures de l'homme sont inguérissables. Jésus-Christ, Dieu fait homme vient enseigner et montrer que son sacrifice librement consenti rend inutile et pervers tout sacrifice. C'est Lui qui purifie la nature humaine. Étant Dieu il rachète par son sang, une fois pour toutes, l'homme qui s'est livré à Satan. Dieu n'exige aucune réparation. Il n'y a pas un prix à payer pour revenir à Dieu. Et l'Église n'a pas un trésor d'indulgences. Le lévite qui passe montre que l'obéissance à la lettre de la Loi ne justifie pas l'homme.


La Loi de Moïse révèle l'hypocrisie de l'homme. Jésus par son enseignement apprend comment lire la Loi selon l'esprit. Jésus-Christ n'est pas venu juger mais guérir l'homme. Jésus est le thérapeute de l'esprit créé jusqu'à la fin des temps. L'Église est comme une auberge où les plaies de l'homme sont en voie de guérison par le vin devenant le Sang de l'Agneau, librement donné en « rémission des péchés », et par l'huile, onction de l'Esprit-Saint proposant force et lumière à chaque personne.


Les deux deniers sont l'Évangile et les sacrements. Là les temps retrouvent leur sens : ils permettent à l'homme s'il le veut, d'être remis debout, de permettre et de hâter le retour du Christ. Et si l'auberge Église dépense plus qu'elle n'a reçu, il ne lui sera pas demandé de comptes. A ce sujet, Monseigneur Jean de Saint-Denis, notre premier évêque a proposé la sainte communion à tous les baptisés au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit pour permettre à des sous-alimentés spirituels dans ce monde agnostique sinon athée, de guérir et de retrouver le chemin du Royaume.


Cette générosité lui a été reprochée au nom de la tradition orthodoxe. Il a été jugé par un tribunal canonique et, comme il est de coutume, on a prié l'Esprit-Saint et on a ouvert l'Évangile. Eh bien, on est tombé sur la parabole de « l'économe infidèle », celui dont le maître admire la sagesse car il a généreusement diminué la dette de ses débiteurs.


L'invitation était claire : Monseigneur Jean était comme l'économe infidèle, admirable donc aux yeux de Dieu, pour son intelligence de la situation, et non pas condamné d'avoir abusé du « Corps très saint et très pur » et du « Sang très précieux » de Notre Seigneur Jésus-Christ. Les Églises orthodoxes en France, par la voix de ce tribunal, l'ont reconnu, ce jour-là, et on dit à Monseigneur Jean : « Va, tu es justifié ».


Et « la montagne sainte » dont nous a parlé Isaïe, nous y montons ensemble lors de toute divine liturgie jusqu'à recevoir « la vraie lumière » qui a illuminé le visage de Moïse. Quant à la Jérusalem elle est céleste et elle est intérieure, déjà réelle en chaque saint et dans la sainteté du temps liturgique juste. Nous voilà donc au plus loin de toute morbidité, de toute culpabilité sacrificielle, de toute idée de rachat dans quelque souffrance , le repentir et l'humilité étant l'attitude juste du retour à Dieu, si nous voyons Jésus-Christ comme le bon Samaritain et jamais plus comme un justicier méticuleux. Gloire à la Sainte Trinité.


Père Bernard

28.08.2011 - EPHPHETA

11° dimanche après la Pentecôte. Saint Augustin.

Is.35. 1, 6a 1 Co. 1,10a Mc. 7. 31,37. Montpellier le 28 août 2011.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Aujourd'hui la divine liturgie dit à l'homme: « ouvre-toi » en Jésus-Christ et par l'Esprit-Saint; ouvre les oreilles à la révélation et la bouche afin qu'elle abandonne la tristesse et qu'elle proclame la gloire de la création.


Cette invitation à l'ouverture est le refus de la résignation à la condition mortelle. Le but de toute civilisation est d'apprivoiser la mort sur quoi s'arrête toute réalisation car chacun sait que toute œuvre humaine sera barrée par la mort. Dans l'Evangile que nous venons d'entendre, Jésus emmène à part le sourd et bègue, touche ses oreilles, met de sa salive sur sa langue.


Ces gestes montrent quel'incarnation de Dieu seule, pouvait permettre à l'homme d'entendre le sens de la création afin de retrouver la juste place de sa parole. C'est que dans l'oubli de Dieu il s'enfermait dans le visible et le sensible alors que son destin originel l'invitait à enlever la création au néant de l'usure et de la mort en l'orientant vers Dieu dans l'amour.


S'il est demandé au miraculé de n'en rien dire à personne c'est qu'il a vécu là un début. Le pouvoir de Dieu l'a remis dans la plénitude de la vie, il lui faut refuser de s'enfermer dans une suffisance. Nous sommes l'homme ouvert à la vie sans la mort quand nous sommes conscients de l'importance vitale pour l'esprit, de la divine liturgie.


Elle permet d'entendre la révélation au niveau le plus personnel et de se joindre au chœur des anges dont la nourriture est la louange. Le temps liturgique ainsi enracine l'homme à nouveau, dans la vie sans la mort. Il passe autant qu'il lui est possible de la condition mortelle à la condition de vivant. Et tout comme le miraculé, il lui faut éviter l'impatience. La divine liturgie oriente vers un devenir.


Elle est une marche ensemble et personnelle vers la déification et la transfiguration surtout si la place juste est désirée. Unepatience à l'image de celle de Jésus-Christ devient possible afin que grandissent la lumière intérieure et le goût de l'unité intérieure. La vigilance est le fruit du feu de l'Esprit-Saint dont chacun peut avoir bénéficié depuis la Pentecôte.


Dans ce monde qui veut de plus en plus se passer de Dieu, qu'Il nous accorde la grâce de l'ouverture afin que nous devenions des créatures vivifiées de plus en plus capables de contribuer à allier le visible à l'invisible et le créé à l'incréé, en Lui, Père, Fils et Saint-Esprit.


Père Bernard

31.07.2011 - LES BONS ET LES MAUVAIS FRUITS

7° dimanche après la Pentecôte. Les bons et les mauvais fruits.

Si 24.9, 17 . Ro 6.15,23 . Mt. 7. 15, 21. Montpellier le 31 juillet 2011.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Aujourd'hui Jésus-Christ nous invite à la vigilance afin de ne pas devenir les victimes du charme ténébreux des faux prophètes. Il s'agit de les discerner non d'après leurs discours mais d'après leur accord avec les commandements de Dieu.


Or ils sont : « Tu aimeras Dieu de toute ton âme, de toutes tes forces et de tout ton esprit » et « tu aimeras ton prochain comme toi-même », étant entendu que le « prochain » est tout être humain quel qu'il soit. Ce double amour est devenu à nouveau possible en Jésus-Christ. Il a libéré la nature humaine de toute limitation.


En Lui et par l'Esprit-Saint, l'homme est appelé à passer du seulement humain au divino-humain. L'esprit de l'homme n'est plus livré à la mort. S'il le désire et s'il l'accepte, il se place en dehors de l'ennui et de la tristesse. Les « bons fruits » du « bon arbre » , du vrai prophète sont la paixintérieure, la joie originelle retrouvée, l'amour vrai. Ils permettent de connaîtrela « vraie liberté ». Dans le monde, « les loups voraces déguisés en agneaux » se révèlent assez vite par les conséquences catastrophiques des promesses qui avaient aveuglé les foules.


Il en a été ainsi au siècle dernier, des dictateurs comme Hitler, Staline, Mao, Pol Pot... qui prétendaient créer un homme nouveau à partir d'un messianisme trompeur. Aujourd'hui le danger est plus insidieux. Le faux prophète est la société de consommation : elle est le crime parfait.


Se croyant libre, l'homme ignore qu'il est coupé de toute recherche de la Vérité. Alternativement repu et insatisfait, il donne raison à toutes les vanités. Il s'agit de résister à ce « loup vorace ». Le comble serait de consommer les sacrements.


Le Corps et le Sang du Christ ainsi chosifiés entrainent un ennui et une tristesse insondables : « la bonne nouvelle » est rétrécie en un tissu d'habitudes. Le repentir seul peut ramener à la richesse intérieure inaltérable et inaliénable dont Saint Syméon le Nouveau Théologien rend grâce quand il témoigne : « en Te possédant moi le pauvre, je suis toujours riche, et riche par-dessus tous les rois ».


Il nous invite à considérer toutes les autres richesses comme secondaires. Quelles que soient l'ambiance et les épreuves petites ou grandes, l'homme en Jésus-Christ et par l'Esprit-Saint, est appelé à devenir le vivant dans la paix intérieure, la joie de fond et l'amour sans déclin. Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit, seul Dieu nous en donne le goût et la force de persévérer dans le prodigieux destin qu'Il ne se lasse pas de proposer.


Père Bernard

17.07.2011 - L'OFFRANDE AGREABLE A DIEU

5° dimanche après la Pentecôte. L'offrande agréable à Dieu.

Si 27,30 à 28,71 P. 3.8,17 MT. 5.20,24. Montpellier le 17 juillet 2011.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Aujourd'hui Jésus-Christ nous enseigne que tuer n'est pas le pire : se mettre en colère contre quelqu'un est aussi grave. Cette colère peut conduire au meurtre et si elle ne va pas jusqu'à cette action , elle contient en pensée, l'élimination physique de l'autre. Il n'y a pas que l'action qui soit mauvaise. Une pensée peut avoir la même nocivité. Prendre garde à ce qu'on pense est l'invitation de cet évangile. La garde des pensées est essentielle .


Il s'agit ici de la colère dans la rancoeur qui développe la haine. Mais il y a des colères qui sont sans rancoeur. Il ne faut pas confondre douceur et faiblesse. Ainsi la colère de Jésus contre les marchands du temple qu'il chasse sans ménagement est sainte. Elle est colère contre leur oubli de Dieu. De même l'invitation du psaume 4 « Mettez-vous en colère et ne péchez plus » , concerne la colère contre toute vanité afin d'accueillir la paix intérieure, cette grâce.


La colère contre les pensées et contre les actions qui rejettent Dieu est l'énergie du combat de l'homme. Par contre la colère contre la personne est comme un meurtre : c'est qu'un homme ne se réduit pas à ses actions. L'image de Dieu demeure chez le voleur, l'assassin, l'escroc... , celui que le monde considère comme un monstre. Ainsi le chrétien ne doit-il pas maudire mais bénir celui qui l'insulte . Que bénit-il alors? l'image de Dieu en un égaré. Le mépris d'un autre , lui, est pire que le meurtre. En effet, il efface l'image de Dieu en un homme ou en des hommes. Traiter quelqu'un de fou est le « comble de l'abomination ».


Il ne s'agit pas de la perte du sens de la réalité qui perturbe un homme et lui rend la vie difficile. Dans la suite du meurtre, de la colère, du mépris, ce ne peut être que le péché contre l'Esprit-Saint dont il est dit qu'il ne sera pardonné ni dans ce monde ni dans l'autre. Ce péché consiste à traiter de folie la révélation par l'Esprit-Saint en un homme. Il s'agit d'un anéantissement : l'esprit créé est jugé incapable d'écoute de l'Esprit incréé.


L'humanité persécute ainsi les vrais prophètes mais elle se laisse facilement charmer par de beaux parleurs, les gourous de toute époque . Le discernement à ce sujet est à la fois délicat et indispensable. La garde des pensées nécessaire à la vie de l'esprit réanimé en Jésus-Christ et par l'Esprit-Saint, inclut la colère juste contre les pensées que l'homme ne peut pas vaincre sans la grâce de Dieu, de sorte que l'effort personnel consiste à éviter toute complaisance vis-à-vis de ses propres pensées.


Nous voilà invités particulièrement aujourd'hui à consciemment assumer cette lutte intérieure. Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit nous en donne le désir, la force et la persévérance afin que nous devenions de plus en plus conscients de l'image de Dieu en chacun et que nous demeurions en chemin vers la ressemblance avec Lui qui vit, règne et triomphe aux siècles des siècles.


Père Bernard

24.04.2011 - PAQUES

Pâques. Pâques 2011

Montpellier le 24 avril 2011.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

bien aimés,


Christ est ressuscité! Il été bon de le proclamer en toutes les langues car Jésus-Christ n'est pas seulement le Messie du peuple élu mais de tous les peuples appelés à devenir ses disciples. En Lui, pleinement Dieu et homme parfait, la nature humaine retrouve son unité. Elle avait été perdue: l'oubli de Dieu depuis Ève, Adam et Caïn avaient dispersé l'homme en multiples idolâtries.


La nature humaine une en Jésus-Christ invite l'homme à ne plus se résigner à la nature pervertie, pulvérisée, atomisée en familles, tribus, empires puis individus mais à se convertir au destin originel à quoi il est invité. L'homme est destiné à élever la création visible et sensible dont il est fait, vers Dieu car le sens de cette création est l'Amour.


Dieu tout-puissant est amoureux de sa création visible, sensible, et libre , de sorte que Dieu demande à l'Église qui est l'homme en devenir revenant à lui-même, d'être son épouse bien-aimée. Or le péché livre l'homme aux ténèbres . Il est l'héritage commun à tous les hommes. Il les livre à la mort dont ils ne peuvent pas se libérer. Il a fallu que Dieu se fasse homme puis se soumette librement au pire en l'homme pour que, par sa mort sur la croix, et par sa résurrection, l'homme ne soit plus barré par la mort.


Cette victoire de Jésus-Christ est la joie d'aujourd'hui. Elle est le début de la vie de l'homme nouveau. Voilà bientôt deux mille ans qu'a commencé sur Terre, la vie sans la mort. Et répéter « Christ est ressuscité » c'est en imprégner autant qu'il est possible, chaque cellule de notre être afin que dans la foi et librement, l'homme nouveau remplace l'homme ancien. Il a fallu mille ans à l'homme pour vraiment reconnaître et admettre que Jésus est Dieu et homme.


L'Église de Rome en est restée à cette joie. Il a aussi fallu mille ans aux Églises qu'on dit aujourd'hui orthodoxes, pour contempler le mystère de la Personne du Saint-Esprit et par Lui, le mystère des personnes créées, transcendantes et capables de vivre la vraie liberté . Ainsi l'homme à l'image de la Sainte Trinité vit l'unité dans la diversité et va vers la ressemblance. Il faudra peut-être encore mille ans pour que l'homme parvienne à contempler et à vivre avec justesse, le mystère de l'Église, épouse du Christ, une dans la diversité des Eglises locales.


Dans cette tension et pour cet effort, Jésus propose la communion à son Corps et à son Sang et l'Église, le souci de la Vérité en plénitude. Cette Vérité n'est pas un savoir mais une présence. Elle est Jésus-Christ ; l'Esprit-Saint seul en donne le désir, le feu et la lumière. Comment ? Eh bien par le temps liturgique. L'année liturgique est le temps cyclique où l'homme est appelé à ne plus en rester au temps chronologique de l'usure et de la mort. La liturgie l'invite à vivre ce qui ne passera pas : la naissance du Christ, ses paroles, ses miracles, sa Croix et sa Résurrection.


C'est dans ce temps liturgique et dans la divine liturgie que l'homme désire et accepte d'être enlevé à la condition mortelle : il est peu à peu déifié. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, ne verra pas la mort » Telle est la résurrection à vivre.


Et les ténèbres intérieures, les entraves, les blocages spirituels procèdent des résignations à l'uniformité, à l'usure et à la mort. Peu à peu vivant dans le temps liturgique et par le feu de la lumière incréée, l'individu fait place à la personne tournée vers l'autre et transcendante.


De même l'Église locale est transcendante elle aussi. Ces deux transcendances sont d'autant plus ignorées dans le monde que « la société de consommation est le crime parfait » , le consommateur consommant étant gommé en tant que personne. Bien aimés du Christ, que le Père et le Fils et le Saint-Esprit, Dieu un, vous donne le désir, le goût et la force de résister à l'ambiance pour bénéficier de la Résurrection du Christ, et échapper aux ténèbres de la résignation.


Père Bernard

20.04.2011 - QUASIMODO et MESSAGE DE DIEU A LA COMMUNAUTE

Le mercredi saint 2011. Quasimodo et le message de Dieu à la communauté

1 Jn.5,4-10 Jn 20, 19-31 Lc 22. 35, 38. Montpellier le 20 avril 2011.

Aujourd'hui le Christ ressuscité fonde l'Eglise non pas en nommant un chef qui le remplacerait mais en soufflant son Esprit, l'Esprit divin, l'Esprit-Saint sur tous les apôtres sans les distinguer nommément. Ainsi chaque apôtre ira fonder une ou plusieurs Eglises.


A notre époque, la dernière clausule du credo est encore à vivre : « Je crois en l'Eglise une... » car l'oecuménisme est seulement un désir. L'Eglise est appelée à devenir pleinement l'Epouse de Dieu en étantparfaitement une dans la diversité des Eglises locales. Fondant l'Eglise, Jésus-Christ ressuscité entame en l'homme, l'émergence de deux transcendances : celle de la personne et celle de chaque peuple. Il est dit aux apôtres : « allez et enseignez tous les peuples et baptisez-les... ».


ll ne s'agit pas seulement de baptiser les individus mais aussi les peuples, les ethnies, les civilisations après les avoir instruits afin qu'ils convertissent leurs pensées à la vérité en plénitude. Cette conversion ne saurait être imposée par quelque esprit d'autorité , quelque raisonnement, quelque logique seulement humaine.


Enseignement, conversion et baptême d'un peuple ont déjà été entamés en France au siècle dernier, à partir de la rencontre entre la recherche liturgique d'Irénée Winnaert et des études inspirées d'Eugraph Kovalevsky et de la confrérie Saint Photius. L'aventure continue à se vivre dans l'Eglise Catholique Orthodoxe de France .


La divine liturgie selon Saint Germain de Paris est célébrée en français. Ainsi est baptisée la langue. Elle peut échapper aux scories de la scolastique et se prêter à l'écoute de cette pensée autre à quoi invite la révélation, pensée apophatique et antinomique, car la Parole dans l'approche du mystère qu'est la liturgie est servie par la mélodie dès qu'un compositeur liturge et instruit de la tradition vivante de l'Eglise, a su la composer avec justesse - travail réalisé en France par Maxime Kovalevsky.


Tout ce travail est encore à faire non seulement dans les pays d'Afrique, d'Asie...etc mais aussi dans les peuples qui en sont restés longtemps à une langue sacrée ancienne que la plupart des baptisés ne comprennent pas : grec ancien, latin, slavon...Et la langue n'est qu'un aspect de la culture encore à baptiser.


Les Pères de l'Eglise ont vu dans les 153 gros poissons pêchés par obéissance à la seule parole de Jésus ressuscité, les 153 peuples qui, à la fin des temps auront découvert leur être appelé à la déification et à la transfiguration. Nourris de prières justes, ils se seront révélés à eux-mêmes et auront accepté de grandir en vérité et vraie fidélité. En ce troisième millénaire, l'homme commence à vivre ce mystère.


Et le message que nous avons reçu ensemble, en tant que communauté, ce dernier mercredi saint – Lc.22, 35-38, peut être lu comme une invitation à consciemment s'inscrire et à persévérer dans cet enseignement et ce baptême d'un peuple. Contrairement à ce que vous avez fait quand j'étais avec vous, dit en substance Jésus, munissez-vous d'une bourse, d'une besace et échangez votre manteau contre une épée. L'homme est devenu sourd à la foi, fermé au miracle, ignorant de l'Eglise.


Les baptisés ne sont plus reçus comme des envoyés du Messie, du Sauveur. Ils doivent compter sur leur « bourse », leur « besace » et leur « épée » pour subsister dans le monde qui leur est hostile. La « bourse » nécessaire est la foi en Jésus, Dieu et Homme, Messie longtemps attendu, Sauveur. La « besace » est le fait de compter sur les sacrements que propose l'Eglise pour que l'esprit créé vive et ne soit pas anorexique, moribond ou dans le coma. « L'épée » n'est pas celle sur quoi comptait Pierre pour éviter à Jésus la condamnation à mort, mais elle est l'arme de la guerre intérieure nécessaire.


Pour acquérir cette arme il a fallu « vendre son manteau », c'est-à-dire renoncer à se sauver par les forces et les réalisations humaines. Si les talents croient suffire, l'homme tue en lui, le désir de la grâce. 


Un travail sur soi s'impose pour désirer devenir le vivant vainqueur de la mort en Jésus-Christ et par l'Esprit-Saint. La paresse, la prétention , tentation majeure dans l'ambiance individualiste actuelle, la tristesse, la résignation à l'absence de Dieu et du sens de la création, l'angoisse , l'accusation d'un autre ou des autres… sont autant d'ennemis intérieurs à combattre résolument.


Sans la volonté de repérer l'ennemi intérieur et de lui résister, la prière est comme un baume qui ne pénètre pas. Le consommateur à quoi le monde veut réduire l'homme , est anéanti sans le savoir car il s'est laissé dépouiller de toute clairvoyance, de tout désir de vivre selon l'esprit. L'ambiance actuelle pousse à l'ignorance de toute résurrection.


Pour l'homme qui résiste au contraire, une expérience de la résurrection , fruit du désir de vivre vraiment, de l'effort et de la grâce, devient possible : c'est le repentir et l'humilité dans le don des larmes, du pardon et de la lumière dans les ténèbres, qui est joie et paix disent les Pères de l'Eglise.


Cette année plus que jamais, nous voilà invités à résister à l'idéologie individualiste et à toute résignation morbide et à cultiver le désir non seulement de l'espérance mais de l'expérience de la résurrection .


Que Dieu un , Père, Fils et Saint-Esprit nous accorde la grâce de la lumière et de la force afin de persévérer dans la fidélité à la foi : foi en la Sainte Trinité, en Jésus Dieu et Homme, en l'Esprit-Saint en Personne, en Marie Vierge et Mère de Dieu, et en l'Eglise.


Que cette fidélté s'incarne en cette Eglise où nous avons rencontré la vérité en plénitude et en devenir, et qu'elle s'étende à notre évêque Germain dont la compétence égale celle de nos pontifes, Irénée et Jean de Saint Denis.


O Dieu, Trinité Sainte, donne-nous le goût de l'unité dans la diversité des personnes et des peuples, à Ton image et à Ta ressemblance.


Père Bernard

HISTORIQUE

La paroisse de la Théophanie a été fondée en 1948. Quelques années plus tard un chirurgien d'Alès, de famille protestante et qui a rencontré dans l'Eglise Orthodoxe de France la richesse et la fécondité de la foi juste dans la tradition vivante et toujours neuve, a fait don du local, 15, rue de l'Ancien Courrier où se célèbrent depuis les liturgies selon saint Germain de Paris dont les lettres qui décrivent un rite des Gaules au VIe siècle, sont appréciées par tous les liturges compétents et de bonne foi.

Cette chapelle a été vivifiée par les fresques peintes par Eugraph Kovalevsky, un des fondateurs de cette Eglise qui est une résurgence de l'Eglise indivise. Elle permet à chacun de goûter et de voir que cet homme avec tous ceux qui ont travaillé avec lui dans la "Confrérie Saint-Photius", ont réussi avec respect, science et finesse ) proposer une liturgie dans la pure tradition orthodoxe, soucieuse d'unité dans la diversité, à l'image de la Divine Trinité.

L'archevêque Jean de Shanghai et de San-Francisco de l'Eglise Russe hors frontières, devenu après sa naissance au ciel saint Jean de San-Francisco, a célébré cette divine liturgie en cette église de Montpellier et dans les paroisses de notre Eglise ; on peut dire qu'il en a éprouvé la justesse et la fécondité.

Depuis cinquante ans ce temple est comme imprégné de prières. Les divines liturgies s'y célèbrent à toutes les fêtes de l'Eglise, les jours de la Semaine Sainte et un dimanche sur deux.

La Théophanie, mémorial du baptême du Christ dans le Jourdain, le dimanche qui suit le 6 janvier, est la fête annuelle de la paroisse. La divine liturgie, dont la bénédiction des eaux, est présidée par Monseigneur Germain, évêque de Saint-Denis.

En juillet 2003 la restauration des fresques a été à demi achevée. Les travaux continueront et se termineront en décembre 2003 ou janvier 2004.


Pas d'informations pour le moment.

Site fondé par Père Guy Barrandon († 15 Octobre 2011)