Yvonne Winnaert




YVONNE WINNAERT



Elle fut la fille spirituelle de Monseigneur Louis Irénée Winnaert, se consacrant après sa naissance au ciel (1937) à la résurrection de l’Eglise Orthodoxe Occidentale. Elle devint ainsi, telle ces femmes fidèles qui accompagnaient le Christ jusqu’à la Croix, la collaboratrice par excellence de celui auquel Monseigneur Winnaert confia ( 1937) d’inscrire et de développer l’Orthodoxie chez  les occidentaux : le père Eugraph Kovalevsky,  futur évêque Jean de Saint-Denis (1964).

Yvonne Barde naquit en 1905 à Alexandrie (Egypte) dans une famille religieusement mêlée, c’est-à-dire aux membres Chrétiens, Juifs, Musulmans. Ses parents de génération récente étaient Français, Juifs et Albanais, parmi eux, Mohamed Ali qui fut Sultan d’Egypte et reçut le pouvoir sur ce pays à la suite de Napoléon. Cette hérédité lui procura un caractère bien trempé, un esprit éveillé et la faculté de discerner où et quand obéir à Dieu.

Par décision familiale, avec sa mère et ses deux sœurs, elle quitta l’Egypte et vint s’installer à Paris, vers 1925. Et là, en France, dans cette ville où brillaient nombre d’hommes et de femmes engagés en religion, politique, art, science, littérature, philosophie… cette jeune femme se joignit de cœur et d’esprit à la société d’artistes, de philosophes (Bergson) et d’hommes religieux et spirituels, sa mère disait-elle, ne lui recommandant qu’une seule chose : ne pas épouser un homme religieux !

Sous la guidance de l’Esprit, en concurrence avec ses propres dispositions, elle entra en 1928 dans la chapelle de l’Ascension, le dimanche des Rameaux, office présidé et célébré par Monseigneur Louis Winnaert.

La lumière du Christ brillait en ce lieu et en cet homme d’un tel éclat qu’Yvonne Barde devint  et se fit disciple de Louis Winnaert. Elle l’accompagna ainsi dans sa quête d’Eglise, partageant heurs et malheurs et procurant l’aide économique indispensable à ce père spirituel démuni de tout.

Un jour, à la grande surprise de Louis Winnaert, ancien prêtre de l’église romaine, évêque par l’Eglise Catholique Libérale, Abraham nouveau, poussé vers un pays (une église) qu’il ne connaissait pas, elle réussit à le convaincre de l’épouser. Leur collaboration et leur esprit étant en communion, le mariage ferait taire toute suspicion et laisserait toute latitude de poursuivre la voie tracée par l’Esprit de Dieu, pour parvenir, lui l’évêque et elle, sa fille spirituelle, jusqu’à la porte de l’Eglise Orthodoxe (1937)

Franchissant la porte des Cieux, Monseigneur Louis Charles Irénée naît au ciel le 3 mars 1937 et franchissant la porte des préjugés cléricaux et chrétiens sur le rôle de la femme dans l’église, Yvonne Winnaert, devient la principale fidèle de l’Eglise Orthodoxe Occidentale naissante.

Elle jouera au jeu sacré de l’Eglise, produisant des œuvres liturgiques, historiques, poétiques, littéraires indispensables pour la refondation écclésiale de l’occident.

L’existence qu’elle mena auprès du père Eugraph Kovalevsky, l’apparente à la célèbre Olympias qui fut la confidente et amie de Saint Jean Chrysostome.

Un jour de 1967, l’archiprêtre Eugraph Kovalevsky se rendit à Bucarest pour prier le patriarche Justinien, patriarche de l’Eglise Orthodoxe de Roumanie, de mettre l’Eglise de France sous sa protection. Le patriarche, avisé de la place d’Yvonne Winnaert auprès de l’archiprêtre - avis à caractère malveillant - posa directement la question de cette présence.

Le père Eugraph  dit simplement : elle a donné toute sa vie à l’Eglise. Le Patriarche, touché, dit alors : pardonnez-moi la question !

Yvonne Winnaert fut depuis 1937 jusqu’à sa naissance au ciel en 1997 (sa quatre vingt douzième année) de toutes les entreprises, démarches, et activités de l’Eglise Orthodoxe de France, allant en particulier à la rencontre des hiérarques des autres églises orthodoxes pour essayer d’éveiller leur intérêt à l’ecclésiologie de ce temps.

L’évêque Jean de Saint-Denis naquit au ciel, le 30 janvier 1970. Yvonne Winnaert lui survécut de vingt-deux années, assumant alors un rôle de mère et d’initiatrice à l’histoire auprès de nombreux disciples, hommes et femmes, nés à la foi orthodoxe par les œuvres des deux Monseigneurs : Louis Charles Irénée Winnaert et Eugraph Kovalevsky. (1)

pour connaître l’Histoire de l’Eglise Orthodoxe Occidentale, devenue l’Eglise Catholique Orthodoxe de France, on peut lire :

«  La Queste de Vérité d’Irénée Winnaert » par Vincent Bourne, Edtion Labor et Fides – Genève – avril 1966
«  La Divine Contradiction » par Vincent Bourne, Edition Présence Orthodoxe   Paris
«  La Renaissance d’une église «   par Maxime Kovalevsky, collection Arbre de Jessé – Les Editions de l’Ancre

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